ODD 13 – Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques

Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions

L’ODD 13 vise à prendre au plus vite des mesures pour lutter contre le réchauffement climatique, s’adapter à ses répercussions et gérer les aléas climatiques qui y sont liés (alertes et crises), notamment en intégrant des mesures spécifiques dans les politiques, les stratégies et la planification nationales. Cet objectif inclut également un fort engagement climat des pays développés envers les pays les plus pauvres et vulnérables au dérèglement climatique, notamment par le biais du Fonds vert pour le climat.
Comme pour les autres Objectifs de développement durable, l’ODD 13 ne peut être atteint qu’en travaillant sur de nombreux autres (biodiversité, lutte contre les inégalités, pauvreté). Il est aussi indispensable pour éradiquer la faim, réduire la pauvreté, assurer la santé et le bien-être, et maintenir la paix mondiale.

Où en sommes-nous ?

EN FRANCE

L’électricité française demeure faiblement carbonée grâce à un mix dominé par le nucléaire, l’électricité ne représentant qu’environ 5 % des émissions territoriales. Les énergies renouvelables progressent (~45 % du mix en 2023), mais la France reste en retard pour atteindre les objectifs de l’ODD 13 et ses engagements climatiques nationaux et européens.
 
En 2023, les émissions françaises s’élevaient à 403 MtCO₂eq (~5,9 t/hab, soit –5,6 %), tandis que l’empreinte carbone atteignait 644 MtCO₂eq (~9,4 t/hab, –4,1 %), dont 56 % liées aux importations. Le Haut Conseil pour le climat souligne que ces progrès sont encourageants mais insuffisants pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Les freins concernent notamment le faible déploiement des renouvelables, les émissions importées non internalisées, les faiblesses dans l’agriculture et l’industrie, ainsi que le déficit de puits naturels.
 
Par ailleurs, les aléas climatiques (inondations, sécheresses, canicules) s’intensifient. Si 12 000 communes disposaient déjà d’un plan d’adaptation en 2022, les mesures restent encore fragmentaires. En octobre 2024, le gouvernement a présenté le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3), comprenant 51 mesures pour préparer la France à un réchauffement planétaire potentiel de +4 °C d’ici 2100.

Indicateurs de suivi nationaux 

DANS LE MONDE

« Le monde est au bord d’une catastrophe climatique et les chances de l’éviter s’éloignent rapidement », écrivait l’ONU dans son rapport 2022 sur les ODD.
 
Un rapport de l’ESSD (Earth System Science Data) de juillet 2025 précise que le budget carbone permettant de rester sous +1,5 °C sera épuisé vers 2028 si le rythme actuel des émissions perdure. Les preuves du dérèglement climatique induit par l’homme atteignent de nouveaux sommets : 2024 a été la première année civile à dépasser de plus de 1,5 °C la température de l’ère préindustrielle, avec une moyenne mondiale de +1,55 °C.
 
Entre 2022 et 2023, les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont atteint un record de 57,1 Gt CO₂eq (+1,3 %). Selon l’Emissions Gap Report 2024 du PNUE, si les pays appliquent uniquement leurs politiques actuelles, le réchauffement planétaire atteindra probablement entre 2,6 et 3,1 °C d’ici 2100. Le rapport estime qu’une réduction mondiale des émissions de 7,5 % par an entre 2023 et 2035 serait nécessaire pour respecter l’objectif de +1,5 °C, ce qui impliquerait –42 % de réduction en 2030 et –57 % en 2035.

Indicateurs de suivi internationaux 

ODD_13_mesures_relatives_à_la_lutte_contre_les_changements_climatiques

Que peut faire le secteur économique pour y contribuer ?

À l’échelle internationale, la COP29, qui s’est tenue en Azerbaïdjan en novembre 2024, a abouti à l’adoption d’un nouvel objectif collectif de financement climatique, visant à augmenter les ressources mobilisées au-delà des 100 milliards de dollars annuels, somme qui était déjà un seuil fixé lors de la COP21 en 2015 mais jamais pleinement atteint. Ces financements sont destinés en priorité aux pays en développement, dont plus de 60 % de la population mondiale est exposée à des aléas climatiques majeurs tels que les sécheresses, inondations et événements extrêmes, selon le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). La COP30, programmée au Brésil en 2025, vise à encourager une révision à la hausse des contributions nationales (NDC) ; en 2023, seules 15 % des économies mondiales présentaient des plans compatibles avec une limitation du réchauffement planétaire à 1,5 °C, ce qui montre l’ampleur du défi et la nécessité d’un plus fort engagement climat au niveau global.


Pour les entreprises, la pression réglementaire et sociétale se traduit par des exigences accrues en matière de gestion des émissions de gaz à effet de serre. La réduction des émissions directes (scopes 1 et 2), qui représentent environ 30 % des émissions totales pour une entreprise industrielle moyenne, doit être complétée par une maîtrise des émissions indirectes (scope 3), souvent majoritaires. Par exemple, dans le secteur de la grande distribution, le scope 3 peut représenter jusqu’à 90 % des émissions, notamment à travers les fournisseurs et l’utilisation des produits vendus. La Science Based Targets Initiative (SBTi), qui valide les objectifs climat de plus de 4 500 entreprises à travers le monde, a actualisé en 2024 ses critères : la couverture minimale des émissions pour la validation d’objectifs est désormais fixée à 95 % du total des émissions d’une entreprise. La SBTi demande également la prise en compte systématique du scope 3 dans les secteurs où il constitue la majeure partie de l’empreinte carbone, et limite la part des crédits carbone dans les stratégies de neutralité carbone à un maximum de 10 % des émissions totales pour éviter une dépendance excessive à la compensation. En outre, la gouvernance de la SBTi a été renforcée pour améliorer la rigueur et la transparence des processus d’évaluation. Cette évolution renforce l’importance de l’action climatique d’entreprise dans la lutte contre le dérèglement climatique.

Du côté des investisseurs, la réorientation des flux financiers est un levier essentiel pour la transition. Selon le rapport 2024 de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE), les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables ont atteint 550 milliards de dollars en 2023, soit une hausse de 15 % par rapport à l’année précédente, tandis que les financements liés aux énergies fossiles ont commencé à décliner dans plusieurs régions. Les investisseurs utilisent de plus en plus les cadres de reporting climatique, comme les recommandations de la Task Force on Climate-related Financial Disclosures (TCFD), adoptées par plus de 3 000 institutions dans le monde, ou les normes récentes de l’International Sustainability Standards Board (ISSB), qui fournissent des référentiels harmonisés pour mesurer et communiquer les risques et opportunités liés au réchauffement climatique. Ces outils contribuent à améliorer la transparence des stratégies d’investissement et à orienter les capitaux vers des activités compatibles avec les objectifs climatiques globaux et les différents plans d’adaptation nationaux et internationaux.

Pour aller plus loin

● En savoir plus sur l’initiative Science based targets (SBTi)


● Lire l’Accord de Paris sur le climat


● Lire la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique

● Consulter le site de la TCFD sur la publication d’informations financières relatives au climat


● Découvrir les 10 recommandations de l’ONU sur les engagements “Net zero”


● Voir le site de l’ONU

Les bonnes pratiques

Principes

  • 01 – Promouvoir et respecter la protection du droit international relatif aux droits de l’homme
  • 02 – Veiller à ne pas se rendre complices de violations des droits de l’homme
  • 03 – Respecter la liberté d’association et reconnaître le droit de négociation collective
  • 04 – Contribuer à l’élimination de toutes les formes de travail forcé ou obligatoire
  • 05 – Contribuer à l’abolition effective du travail des enfants
  • 06 – Contribuer à l’élimination de toute discrimination en matière d’emploi et de profession
  • 07 – Appliquer l’approche de précaution face aux problèmes touchant l’environnement
  • 08 – Prendre des initiatives tendant à promouvoir une plus grande responsabilité en matière d’environnement
  • 09 – Favoriser la mise au point et la diffusion de technologies respectueuses de l’environnement
  • 10 – Agir contre la corruption sous toutes ses formes, y compris l’extorsion de fonds et les pots-de-vin

Régions

  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne-Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • France entière
  • Grand Est
  • Guadeloupe
  • Guyane
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • International
  • Martinique
  • Mayotte
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d’Azur
  • Réunion

Types d’organisations

  • Académiques
  • ETI et grandes entreprises
  • Fédérations professionnelles
  • Fondations
  • ONG globale + locale + associations (-> traduit en “ONG”)
  • PME
  • TPE
  • Villes + secteur public (-> Traduit en Secteur Public)

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