ODD 15 – Vie terrestre

Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres

Une avancée majeure est l’adoption des SBTN (science-based targets for nature), un cadre scientifique mis en place en 2023–2024 pour aider les entreprises à évaluer et réduire leurs impacts environnementaux sur des domaines clés comme la biodiversité terrestre, l’eau douce et l’usage des terres. Cette méthode s’applique selon un processus en cinq étapes : évaluer les impacts, prioriser les actions, fixer des objectifs concrets, agir (réductions, restauration…) et suivre les progrès dans la durée. Ces cibles SBTN sont alignées avec le Cadre mondial pour la biodiversité post-2020, la TNFD, les ODD et les principes des frontières planétaires, et visent à rendre les entreprises nature-positive — c’est-à-dire actrices de la restauration des écosystèmes terrestres et non plus seulement moins nocives pour la planète. Par ailleurs, les investisseurs et institutions financières sont de plus en plus incités à suivre les préceptes de la Taskforce on Nature-related Financial Disclosures (TNFD), et à financer des fonds dédiés à la préservation de la nature ou à soutenir des projets locaux au service de la protection des sols biodiversité et de la lutte contre la déforestation.

Comme pour les autres objectifs, cet ODD ne peut être atteint qu’en travaillant sur de nombreux autres (changement climatique, biodiversité terrestre et marine ou lutte contre les inégalités). Il permet aussi d’améliorer les conditions de vie sur terre en contribuant à la lutte contre la faim, au climat et à la paix.

Où en sommes-nous ?

EN FRANCE

La France est un véritable trésor de biodiversité terrestre, abritant environ 10 % des espèces connues de la planète, grâce à une incroyable variété d’habitats sur le territoire métropolitain et ultra-marin. Elle figure parmi les dix pays les plus riches en espèces menacées, avec 2 472 espèces présentes sur son sol classées menacées au niveau mondial. Au plan national, l’Observatoire national de la biodiversité indique que 16 % des espèces évaluées en France sont aujourd’hui classées comme menacées ou éteintes (soit environ 2 700 espèces). Le constat est d’autant plus préoccupant que plus de 56 % de ces espèces menacées ne bénéficient d’aucune protection réglementaire spécifique. Concernant les aires protégées, les objectifs internationaux (protéger 30 % des surfaces terrestres et marines d’ici 2030) sont désormais en cours de réalisation : la France dépasse aujourd’hui cette barre symbolique grâce aux efforts métropolitains et ultramarins, tout en renforçant la préservation des écosystèmes terrestres par une protection forte sur au moins un tiers de ces aires. En parallèle, les indicateurs d’état des habitats sont très inquiétants : seuls 20 % des habitats naturels disposent d’un état de conservation favorable. Plus précisément, les milieux humides aquatiques figurent parmi les plus dégradés : seulement 15 % des habitats remarquables sont jugés en état favorable, tandis que 38 % sont en mauvais état.

Indicateurs de suivi nationaux 

DANS LE MONDE

La biodiversité terrestre et mondiale est en déclin rapide et sans précédent. Selon l’IPBES (la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, le GIEC de la biodiversité), environ 1 million d’espèces de plantes et d’animaux sont actuellement menacées d’extinction, un rythme « sans précédent dans l’histoire humaine ». Depuis plusieurs décennies, la nature est détruite à un rythme de 2 à 6 % par décennie à l’échelle planétaire. Les causes principales sont l’artificialisation des sols, la destruction des habitats, la pollution, les espèces invasives, la surexploitation des ressources, ainsi que le changement climatique. À peine 17,6 % des terres et zones d’eaux intérieures et 8,4 % des océans et zones côtières sont actuellement protégées, ce qui reste bien en deçà des objectifs mondiaux : 30 % d’ici à 2030. Malgré les engagements de la COP15, durant laquelle plus de 130 pays ont ratifié le Cadre mondial de la biodiversité (Global Biodiversity Framework), s’engageant à protéger 30 % des terres et des mers d’ici 2030, la progression est lente et la protection effective reste insuffisante. Le statut des espèces évaluées est alarmant : l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) recense 166 061 espèces sur sa Liste rouge, dont 46 337 sont considérées comme espèces menacées, soit 28 % d’entre elles. Les populations fauniques ne sont pas épargnées non plus : le rapport Living Planet du WWF indique une baisse de près de 68 % de la biomasse des vertébrés sauvages entre 1970 et 2016.

Indicateurs de suivi internationaux 

ODD_15_vie_terrestre

Que peut faire le secteur économique pour y contribuer ?

Souvent reléguée derrière l’urgence climatique, la biodiversité terrestre demeure un pilier clé pour de nombreux secteurs économiques, de la chimie à la cosmétique en passant par la pharmacie ou l’agroalimentaire. En effet, plus de la moitié du PIB mondial dépend directement ou indirectement des services rendus par la nature, rappelle le Forum économique mondial — ce qui rend la protection de la biodiversité et la lutte contre la déforestation stratégiques pour les entreprises. Pour aller bien au-delà des initiatives symboliques (végétalisation, ruches, etc.), les organisations doivent réduire leur emprise sur les sols, restaurer et préserver les habitats naturels, et intégrer la préservation des écosystèmes terrestres dans leurs chaînes d’approvisionnement, tout en respectant les droits des communautés locales et autochtones. Il leur revient également de prévenir toute contribution directe ou indirecte à la déforestation, notamment en matière de soja, huile de palme ou viande bovine, des denrées souvent associées à la conversion forestière.
Une avancée majeure est l’adoption des SBTN (science-based targets for nature), un cadre scientifique mis en place en 2023–2024 pour aider les entreprises à évaluer et réduire leurs impacts environnementaux sur des domaines clés comme la biodiversité terrestre, l’eau douce et l’usage des terres. Cette méthode s’applique selon un processus en cinq étapes : évaluer les impacts, prioriser les actions, fixer des objectifs concrets, agir (réductions, restauration…) et suivre les progrès dans la durée. Ces cibles SBTN sont alignées avec le Cadre mondial pour la biodiversité post-2020, la TNFD, les ODD et les principes des frontières planétaires, et visent à rendre les entreprises nature-positive — c’est-à-dire actrices de la restauration des écosystèmes terrestres et non plus seulement moins nocives pour la planète. Par ailleurs, les investisseurs et institutions financières sont de plus en plus incités à suivre les préceptes de la Taskforce on Nature-related Financial Disclosures (TNFD), et à financer des fonds dédiés à la préservation de la nature ou à soutenir des projets locaux au service de la protection des sols biodiversité et de la lutte contre la déforestation.

Pour aller plus loin

● Découvrir les initiatives d’engagement EEN (Entreprises Engagées pour la Nature) et Act4Nature, dont le Pacte mondial Réseau France est partenaire


● Prendre connaissance du Rapport 2019 de l’évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques de l’IPBES


● Voir le site de l’ONU

● Prendre connaissance du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal


● Consulter la TNFD pour les investisseurs

Les bonnes pratiques

Principes

  • 01 – Promouvoir et respecter la protection du droit international relatif aux droits de l’homme
  • 02 – Veiller à ne pas se rendre complices de violations des droits de l’homme
  • 03 – Respecter la liberté d’association et reconnaître le droit de négociation collective
  • 04 – Contribuer à l’élimination de toutes les formes de travail forcé ou obligatoire
  • 05 – Contribuer à l’abolition effective du travail des enfants
  • 06 – Contribuer à l’élimination de toute discrimination en matière d’emploi et de profession
  • 07 – Appliquer l’approche de précaution face aux problèmes touchant l’environnement
  • 08 – Prendre des initiatives tendant à promouvoir une plus grande responsabilité en matière d’environnement
  • 09 – Favoriser la mise au point et la diffusion de technologies respectueuses de l’environnement
  • 10 – Agir contre la corruption sous toutes ses formes, y compris l’extorsion de fonds et les pots-de-vin

Régions

  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne-Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • France entière
  • Grand Est
  • Guadeloupe
  • Guyane
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • International
  • Martinique
  • Mayotte
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d’Azur
  • Réunion

Types d’organisations

  • Académiques
  • ETI et grandes entreprises
  • Fédérations professionnelles
  • Fondations
  • ONG globale + locale + associations (-> traduit en “ONG”)
  • PME
  • TPE
  • Villes + secteur public (-> Traduit en Secteur Public)

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