13 janvier 2025

Des perspectives économiques mondiales modestes en 2025, dans un contexte d’incertitudes persistantes

Comme chaque année, le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (UNDESA) publie sur rapport sur la situation économique mondiale ainsi que ses prévisions pour l’année à venir. 

Dans la continuité d’une tendance à une croissance ralentie depuis la pandémie de Covid-19, 2025 ne devrait pas marquer un véritable changement de dynamique. L’UNDESA prévoit en effet une croissance mondiale à hauteur de 2,8 %, soit un taux identique à celui estimé pour 2024, et celui enregistré en 2023. Cette croissance faible devrait se poursuivre à minima jusqu’en 2026, avec un taux attendu à 2,9 %. 

Si l’inflation mondiale a été réduite en 2024, les risques de rebond demeurent, et les économies en développement devraient continuer de faire face à des difficultés de soutenabilité de dette. Par ailleurs, alors que les progrès en faveur des ODD sont toujours insuffisants, les indicateurs d’extrême pauvreté à l’échelle mondiale sont même en régression, revenant à des niveaux d’avant la pandémie de Covid-19. 

Des différences qui s’accentuent davantage entre blocs économiques 

Alors que certaines économies auront surperformé en 2024, comme c’est le cas des États-Unis, à l’inverse l’Europe aura connu une croissance plus faible que prévue (0,9 %). Cependant, la croissance européenne devrait s’accentuer en 2025 (1,3 %) et 2026 (1,5 %). Si une inflation plus basse et des conditions de financement plus favorables devraient booster la consommation et les investissements sur le continent, le spectre des tensions géopolitiques, la consolidation fiscale et la faible croissance de la productivité devraient à l’inverse limiter l’étendue de cette expansion. 

La Chine et les économies est-asiatiques devraient en revanche faire face à une croissance moins forte en 2025, tandis que l’Afrique, l’Asie de l’Ouest, l’Amérique Latine, et plus spécifiquement les pays les moins avancés, peuvent s’attendre à des croissances plus fortes cette année. 

Un rebond pour le commerce international et des investissements internationaux en progrès modérés 

Alors que la croissance du volume du commerce international avait considérablement ralenti en 2023 (0,9 %), le rapport estime qu’elle est nettement repartie à la hausse en 2024 (3,4 %). Les Etats-Unis et les économies Est-Asiatiques en sont les principaux catalyseurs, avec un fort volume d’exportations, tandis que l’Europe l’Afrique et l’Amérique latine demeurent plus en retrait.   

Après deux ans de fort ralentissement, les investissements internationaux sont repartis à la hausse en 2024 (3,4 %), mais se régionalisent de plus en plus. Les États-Unis, la Chine, l’Inde et le Mexique ont ainsi maintenu une croissance robuste des investissements, alors que l’Europe et le Japon ont connu un affaiblissement des investissements. 

Politiques monétaires : une baisse des taux avec des effets positifs, mais à la continuité incertaine  

Comme évoque le rapport, la majorité des banques centrales ont assoupli leurs politiques monétaires suite à la récente tendance désinflationniste et la baisse des taux d’intérêts. En effet, l’inflation qui s’était installée en 2022 a nécessité un durcissement des politiques monétaires caractérisé par une hausse des taux directeurs (alors très bas en raison de la sortie de crise du Covid-19). Les taux directeurs des banques centrales ont ainsi commencé à baisser en fin d’année 2024 (légèrement au-dessus de 3% pour la Banque Centrale Européenne), mais restent tout de même loin des niveaux d’avant-2022. 

Cette tendance globale d’assouplissement devrait ainsi engendrer une baisse des coûts de financement pour la plupart des économies. Une baisse à court terme des taux de change du Dollar et de l’Euro pourrait aussi avoir des effets positifs pour les pays en développement, atténuant potentiellement les pressions sur la dépréciation des monnaies locales. Dans ce contexte économique plus favorable, 2025 pourrait engendrer un regain de croissance des pays en développement.  

Néanmoins, des sources d’incertitude demeurent, notamment quant à la durée et l’ampleur de cet assouplissement. Selon les estimations, la BCE et la Fed devraient poursuivre dans cette direction jusqu’en 2026, avec pour objectif de descendre à des taux à hauteur de 2,2 % pour la BCE et légèrement sous 3 % pour la Fed, soit encore au-dessus des niveaux d’avant 2022.  

Or, si une menace inflationniste venait à refaire surface, la BCE et la Fed seraient contraintes de suspendre ces mesures d’assouplissement monétaire, comme ce fut le cas pour la Banque centrale brésilienne fin 2024. Alors que de nombreuses banques centrales d’économies en développement s’alignent sur les politiques de la BCE et de la Fed, ces incertitudes influenceront la trajectoire de leurs politiques monétaires. 

La coopération internationale sera essentielle pour relancer la croissance et atteindre les ODD, notamment dans les pays en développement. 

Si les scénarios les plus pessimistes résultants des chocs successifs ont réussi à être évités, la croissance économique mondiale n’a toujours pas pleinement récupéré de la pandémie, et les crises climatiques et géopolitiques mettent en lumière un manque significatif de coopération. 

Fin 2024, les Etats membres des Nations Unies ont adopté par consensus le Pacte pour l’avenir, un ensemble de mesures clés visant à renforcer le multilatéralisme et la coopération internationale. Durant la COP29, Les pays développés se sont engagés à mobiliser 300 milliards de dollars par an d’ici à 2035 pour financer la lutte contre le changement climatique, notamment dans les pays en développement. Si ces engagements sont un progrès, ils demeurent encore insuffisants.  

Pour que le monde puisse exploiter pleinement son potentiel en termes de croissance et de développement durable, la communauté internationale devra redynamiser le commerce international et résister à la tentation d’ériger des barrières commerciales et de s’engager dans la voie du protectionnisme. 

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