20 décembre 2022

COP15 : nouvel accord mondial pour la biodiversité

Un consensus a été trouvé à Montréal lors de la 15e conférence des parties signataires de la Convention sur la diversité biologique. Après deux semaines de négociation, un nouveau cadre stratégique mondial pour la biodiversité, incluant notamment l’objectif 30 by 30, a été adopté pour une action à horizon 2030.

Les États participants étaient attendus, chargés de s’accorder sur un nouvel accord ambitieux pour contrer l’effondrement du vivant qui se généralise sur la planète. Le WWF révèle que les populations d’animaux sauvages vertébrés ont chuté de 69% en moyenne depuis 50 ans, quand l’IPBES (l’équivalent du GIEC pour la biodiversité) estime que près d’un million d’espèces pourraient disparaître de la surface du globe dans les prochaines décennies. Pour tenter d’inverser la balance, cette 15e COP avait pour but la création d’un nouveau cadre de protection faisant suite aux précédents Objectifs d’Aichi pour la biodiversité, adoptés en 2010 et non atteints.

C’est chose faite avec l’accord de Kunming-Montréal, incluant des mesures urgentes à implémenter d’ici 2030, notamment :

  • L’objectif 30 by 30 : protection de 30% de la planète (contre 17% des terres et 8% des mers actuellement protégés) et restauration de 30% des écosystèmes ;
  • La diminution de 50% de l’introduction d’espèces envahissantes ;
  • La division par deux des risques liés aux pesticides ;
  • La multiplication par deux des financements mondiaux pour protéger la nature ;
  • Le respect du consentement des peuples autochtones.

Cet accord veut avoir une portée aussi significative que l’eut l’Accord de Paris pour le climat, et constitue un nouveau cap pour mettre fin à la perte de la biodiversité et la restaurer selon des objectifs quantifiés et mesurables. Un dispositif de suivi pour évaluer de manière régulière les avancées sans attendre 2030 a commencé à être élaboré. Certains sujets ne bénéficient pas de chiffres précis à horizon 2030 comme la réduction du risque de disparition des espèces menacées ou l’élimination de la pollution liée au plastique. En ce qui concerne le financement, 700 milliards de dollars par an de déficit de financement de la biodiversité vont devoir être comblés, en parallèle à la suppression souhaitée de près de 500 milliards de dollars de financement néfastes à la biodiversité, touchant par exemple à l’agriculture et à l’artificialisation des sols.

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