Faire de l’intégrité un levier de performance - VERPACK
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Conformément à la loi Sapin II et aux Dix principes du Pacte mondial, le groupe VERPACK, spécialisé dans la conception d’étuis et de coffrets en carton pour les secteurs du luxe, de la cosmétique et de l’alimentaire haut de gamme, a progressivement structuré une politique anti-corruption intégrée à sa stratégie RSE. Rencontre avec Lucille Mariet, chargée de mission RSE, pour comprendre les ressorts et les enseignements de cette démarche.
Pourquoi la lutte contre la corruption est-elle devenue un enjeu stratégique pour VERPACK ?
Chez VERPACK, la lutte contre la corruption dépasse largement le cadre d’une simple conformité réglementaire. Bien que l’entreprise ne soit pas directement soumise aux obligations de la loi Sapin II en raison de sa taille, elle a choisi d’anticiper ces exigences, dans une logique proactive.
« L’anti-corruption touche directement à notre image et à notre intégrité », explique Lucille Mariet. Dans un environnement où VERPACK collabore avec de grands acteurs du luxe, particulièrement exigeants en matière de conformité et de transparence, ces enjeux deviennent déterminants. Les clients eux-mêmes sont soumis à des obligations strictes et attendent de leurs partenaires un niveau d’exigence équivalent.
Cette démarche s’inscrit également dans une volonté interne forte : créer un environnement de travail sain, renforcer la culture d’entreprise et sensibiliser les collaborateurs à des pratiques responsables. L’anti-corruption devient ainsi un levier de développement, facilitant l’accès à certains marchés tout en consolidant la réputation du groupe.

Comment la gouvernance de l’anti-corruption est-elle structurée au sein du groupe ?
La politique anti-corruption de VERPACK repose sur un engagement clair du comité de direction, qui définit les orientations stratégiques et alloue les moyens nécessaires à leur mise en œuvre. Cette implication au plus haut niveau est essentielle pour crédibiliser la démarche et assurer sa diffusion dans l’ensemble de l’organisation.
Au niveau opérationnel, la gouvernance s’appuie sur la direction Qualité-RSE groupe, qui joue un rôle central dans la définition et l’animation de la politique éthique. Une référente éthique est identifiée, et des relais RSE sont présents sur chacun des sites de production, en France comme à l’international.
Des réunions mensuelles réunissent ces acteurs pour suivre les avancées, partager les bonnes pratiques et ajuster les actions. La sensibilisation débute dès l’intégration des nouveaux collaborateurs, à qui sont présentés les engagements du groupe, notamment en lien avec le Pacte mondial.
Cette structuration permet d’inscrire la lutte contre la corruption dans une démarche globale de responsabilité sociétale, cohérente et transversale.
L’accompagnement du Pacte mondial en matière de lutte anti-corruption
Engagé au sein du Pacte mondial des Nations Unies, VERPACK inscrit sa démarche dans le respect du principe 10 : « agir contre la corruption sous toutes ses formes ». L’entreprise s’appuie sur les ressources et outils proposés pour structurer son dispositif. Elle participe notamment à des webinaires dédiés à l’anti-corruption ainsi qu’au groupe de travail « Business Integrity ». Ces espaces d’échange lui permettent de partager des bonnes pratiques et de renforcer en continu sa démarche.

Comment identifiez-vous et priorisez-vous les risques de corruption ?
La mise en place d’une cartographie des risques constitue un pilier central du dispositif de VERPACK. Celle-ci repose sur une analyse fine des activités les plus exposées, en particulier celles impliquant des interactions avec des parties externes : achats, fonctions commerciales, ressources humaines ou encore services financiers.
Les risques sont évalués selon deux critères principaux : leur probabilité d’occurrence et leur impact potentiel. Cette approche permet d’établir une hiérarchisation claire, distinguant les risques faibles, moyens et élevés.
« Nous priorisons ensuite nos actions en fonction de cette évaluation, avec des arbitrages réalisés au niveau du comité de direction », précise Lucille Mariet. Cette méthodologie anti-corruption, alignée avec les recommandations internationales, notamment celles du Pacte mondial, garantit une allocation pertinente des ressources et une efficacité accrue des mesures mises en œuvre.
Nous priorisons ensuite nos actions en fonction de cette évaluation, avec des arbitrages réalisés au niveau du comité de direction
– Lucille Mariet
Quels leviers concrets avez-vous activés pour déployer votre politique anti-corruption ?
À partir de cette cartographie, VERPACK a structuré une feuille de route opérationnelle articulée autour de plusieurs leviers complémentaires.
Les procédures internes constituent un premier socle : politique relative aux cadeaux et invitations, règles de conduite, dispositifs de contrôle. La formation anti-corruption joue également un rôle clé. Elle est délivrée à tous les salariés dès leur arrivée et est obligatoire. Chaque nouvel arrivant bénéficie d’un parcours d’intégration incluant une sensibilisation à la RSE, aux Objectifs de développement durable (la lutte contre la corruption est intégrée dans l’ODD 16 – Paix, justice et institutions efficaces) et aux Dix principes du Pacte mondial, notamment le principe 10 relatif à la lutte contre la corruption. Une charte anti-corruption est remise à tous les salariés en main propre, qui s’engagent dès leur prise de poste à en respecter les termes.
Des modules spécifiques sont également proposés aux collaborateurs les plus exposés, notamment les équipes commerciales ou logistiques, avec des mises en situation concrètes permettant d’identifier les risques.
Enfin, la gestion des tiers fait l’objet d’une attention particulière. Les fournisseurs sont évalués selon des critères RSE, incluant les pratiques éthiques et le respect des réglementations locales. Des audits peuvent être réalisés, et des exigences formalisées sont intégrées dans les conditions d’achat.
Enfin, un dispositif d’alerte interne permet aux collaborateurs de signaler toute situation à risque en toute confidentialité. Ce mécanisme, associé à une communication régulière, contribue à instaurer un climat de confiance.
Une politique encadrée des cadeaux
Chez VERPACK, les cadeaux reçus sont systématiquement enregistrés afin d’assurer une totale transparence. En fin d’année, ils sont redistribués aux équipes via des tombolas internes, évitant toute appropriation individuelle. Les règles sont rappelées à cette occasion pour ancrer les bons réflexes.
Quelles difficultés dans l’appropriation de la démarche anti-corruption ?
Comme dans de nombreuses organisations, la première difficulté tient au caractère abstrait de la corruption. « Les collaborateurs l’associent à de grandes affaires, éloignées de leur quotidien, et ne se sentent pas toujours concernés », souligne Lucille Mariet. S’y ajoutent un manque de réflexes pour identifier certains signaux faibles, ainsi qu’une confusion possible avec les pratiques commerciales courantes. La démarche peut aussi être perçue comme une contrainte supplémentaire : formations, formalisation, nouvelles règles à intégrer — même si ces réticences restent marginales et tendent à s’estomper avec le temps.
Globalement, la culture d’intégrité s’installe progressivement dans les pratiques. Pour Lucille Mariet, la clé réside dans une approche participative : « il est essentiel d’impliquer les équipes, notamment en co-rédigeant la cartographie des risques. Ce processus inclusif permet de mieux s’approprier le sujet et de ne pas se laisser intimider par sa complexité ».

Il est essentiel d’impliquer les équipes, notamment en co-rédigeant la cartographie des risques. Ce processus inclusif permet de mieux s’approprier le sujet et de ne pas se laisser intimider par sa complexité.
– Lucille Mariet


