17 septembre 2026
Le PNUE explore les trajectoires possibles après le dépassement du seuil de 1,5°C
Publié le 2 septembre 2026, le rapport Limiting Overshoot du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) examine les conséquences d’un dépassement du seuil de 1,5 °C et les conditions nécessaires pour limiter son ampleur et, à terme, faire redescendre les températures. Une nouvelle étape dans la réflexion sur l’action climatique à l’heure où le dépassement de ce seuil apparaît de plus en plus probable.
Un dépassement de 1,5°C qui ne signifie pas la fin de l’objectif
Le rapport part d’un constat désormais central dans les travaux scientifiques : le dépassement du seuil de +1,5 °C de réchauffement climatique par rapport aux températures préindustrielles devrait intervenir dans les prochaines années. Pour autant, le PNUE souligne que la pertinence de l’objectif reste d’actualité : l’enjeu est désormais de limiter autant que possible l’ampleur et la durée du dépassement, avant de faire redescendre progressivement les températures.
Le rapport décrit ainsi une trajectoire en trois temps : dépassement, pic puis baisse des températures. Selon les scénarios étudiés, le pic pourrait être limité à environ 1,8 °C dans le scénario le plus favorable, tandis que d’autres trajectoires conduisent à des niveaux de réchauffement supérieurs à 2 °C.
Cette distinction est essentielle : chaque fraction de degré supplémentaire et chaque année passée à des niveaux de réchauffement élevés accroissent les risques pour les populations, les économies et les écosystèmes. Le rapport souligne notamment l’augmentation des risques d’événements extrêmes, de pertes d’écosystèmes et de franchissement de certains seuils irréversibles.
Réduire les émissions reste une priorité, mais elle doit aller de pair avec l’adaptation
Le scénario de dépassement ne constitue donc pas une raison de relâcher les efforts de réduction des émissions. Au contraire, la rapidité et l’ampleur des réductions engagées aujourd’hui détermineront le niveau du pic de réchauffement et la durée du dépassement.
Le PNUE insiste notamment sur la nécessité d’accélérer la réduction des émissions de CO₂ et de méthane, ainsi que la transition hors des énergies fossiles. L’objectif de neutralité carbone doit être considéré comme une étape : pour faire redescendre durablement les températures après un dépassement, des émissions nettes négatives seront nécessaires.
Autre enseignement majeur du rapport : atténuation et adaptation doivent désormais progresser conjointement. L’augmentation des impacts climatiques rend nécessaire le renforcement de la résilience des territoires, des infrastructures et des économies, tout en poursuivant les réductions d’émissions.
Le recours aux absorptions de CO₂ (Carbon Dioxide Removal – CDR) sera également nécessaire dans les trajectoires permettant de revenir vers 1,5 °C. Mais le PNUE rappelle qu’elles ne peuvent pas se substituer à des réductions rapides et profondes des émissions. Leur développement devra par ailleurs être encadré afin de tenir compte des enjeux de gouvernance, d’intégrité environnementale, d’équité et d’utilisation des terres.
Pour les entreprises : ne pas confondre dépassement et renoncement
Pour les entreprises, ce nouveau rapport invite surtout à ne pas interpréter le dépassement de 1,5 °C comme un changement de cap. Au contraire, les décisions prises aujourd’hui contribueront à déterminer le niveau du réchauffement maximal, la durée du dépassement et les marges de manœuvre disponibles pour l’adaptation.
Réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre, transformer les modèles énergétiques et économiques, renforcer la résilience des activités et des chaînes de valeur : ces actions restent donc complémentaires. Chaque fraction de degré de réchauffement évitée permet de réduire les risques futurs et de préserver des capacités d’action. Pour le PNUE, l’enjeu est désormais de limiter au maximum le pic de réchauffement, raccourcir la période de dépassement et créer les conditions d’un retour vers 1,5 °C, tout en adaptant dès aujourd’hui les sociétés aux conséquences déjà inévitables du changement climatique.


