29 janvier 2024
Lettre annuelle 2024 de Sanda Ojiambo aux participants du Pacte mondial de l’ONU
Selon Sanda Ojiambo, Sous-secrétaire des Nations Unies et Directrice générale du Pacte mondial, apporter sa contribution à cette initiative de l’ONU, “c’est, fondamentalement, agir pour l’avènement d’entreprises plus robustes et d’économies plus résilientes partout dans le monde”.
Chers participant.e.s du Pacte mondial de l’ONU,
À l’heure où les grands défis auxquels nous sommes confronté.e.s – changements climatiques, conflits armés, creusement des inégalités, mutations socio-économiques et géopolitiques – ne cessent de s’accroître, la convergence des mégatendances sociales, technologiques, politiques et économiques produit une complexité, des incertitudes et des perturbations sans précédents.
Face à cette situation, des choix et des opportunités de plus en plus nombreux, de plus en plus importants et de plus en plus décisifs requièrent notre attention. Et les conséquences de nos décisions ou de notre absence de décision sont plus marquées que jamais.
Depuis quelques années, j’entends s’élever la voix de plus en plus pressante des chef.fe.s d’entreprise qui mettent en avant les atouts du secteur privé pour résoudre les problèmes et conduire la transition. Les réunions du Pacte mondial de l’ONU à l’échelle internationale, régionale et locale ont permis de partager des solutions transversales et des avancées sur des défis tels que l’action climatique, les énergies renouvelables ou le salaire décent.
Les innovations et les solutions portent des promesses de plus en plus tangibles. Collectivement, nous devons atteindre une dynamique, une échelle et une envergure capables de nous garantir des résultats durables, à la hauteur des défis auxquels nous sommes confronté.e.s.
Il y a 25 ans, le Secrétaire général Kofi Annan appelait le secteur privé à créer un pacte pour les entreprises et à donner un visage humain au marché mondial. Depuis cette date, le Pacte mondial n’a cessé de se développer pour rassembler aujourd’hui plus de 20 000 entreprises. À l’heure où le secteur privé a un rôle plus capital que jamais à jouer, notre ambition est de poursuivre cette dynamique de croissance et de résultats robustes.
Peser sur les politiques
En 2023, nous étions à mi-parcours de la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Les revers enregistrés dans notre progression vers les Objectifs de développement durable ont été clairement identifiés et reconnus. Cette confrontation à la réalité des choses a mis en lumière la nécessité d’une collaboration plus étroite, plus intense et plus intelligente entre toutes les parties prenantes —entreprises, États, société civile et Nation Unies.
Le Pacte mondial de l’ONU a répondu à cette problématique en lançant l’initiative “Forward Faster”. Cette initiative se concentre sur cinq domaines d’intervention clés – égalité des sexes, action climatique, salaire décent, finances et investissement, et résilience à l’eau – qui sont autant de multiplicateurs de l’accélération des progrès par l’implication des acteurs du secteur privé sur l’ensemble des 17 ODD. Nous appelons avec force tou.s.te.s les participant.e.s à se joindre à cet effort spécifique de 7 années jusqu’en 2030.
Apporter des réponses aux problèmes cruciaux
Les progrès à effectuer sur les ODD sont étroitement liés aux Dix principes du Pacte mondial de l’ONU — droits de l’homme, normes internationales du travail, environnement, lutte contre la corruption. En 2023, Le Pacte mondial et ses participant.e.s se sont confronté.e.s à ces problèmes cruciaux lors des réunions organisées sur ces thématiques, démontrant ainsi que les politiques d’entreprise fondées sur des principes et des valeurs apportent des avantages concrets sur le plan financier et du développement durable de l’activité des entreprises.
À la suite du 12ème Forum sur les entreprises et les droits de l’homme de l’ONU, qui a dressé un bilan des 75 ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme, nous avons poursuivi notre engagement à doter les entreprises des outils nécessaires à la pérennisation des processus de vigilance en matière de droits humains.
À l’issue de la COP28, des signaux clairs concernant les énergies renouvelables, l’adaptation et la finance ont été observés. Nous sommes prêt.e.s à jeter des ponts entre les entreprises et les décideurs afin de remanier leurs plans d’action pour le climat en vue de les transformer en feuilles de route des investissements pour le secteur privé.
Dans le sillage de la 10ème session de la Conférence des États Parties à la Convention des Nations Unies contre la corruption, dans le cadre de laquelle nous avons co-organisé le premier Forum du secteur privé, nous poursuivons notre action en faveur de l’éradication de la corruption, encouragé.e.s par le soutien de 190 gouvernements qui se sont engagés à renforcer l’intégrité des entreprises et à collaborer avec le secteur privé après notre appel à l’action signé par 500 entreprises.
Perspectives d’avenir
En 2024, le Pacte mondial de l’ONU continuera à jouer son rôle de plateforme sur laquelle les entreprises pourront apprendre, créer des liens, défendre des causes et rendre des comptes. Nous dispenserons des conseils de mise en œuvre des Dix principes dans la gestion des entreprises, en nous focalisant sur la responsabilité, les résultats, l’ambition, et la mobilisation. Nous nous efforcerons tout particulièrement, à cet égard, de proposer aux participant.e.s une plateforme de Communication sur les progrès enregistrés.
La création de nos centres régionaux d’Abuja, Bangkok, Copenhague, Dubaï et Panama City, nous permettra de resserrer nos relations de travail avec les entreprises participantes et avec les réseaux du Pacte mondial Pour l’avenir, nous souhaitons augmenter le nombre d’entreprises, de coalitions et de partenariats dans le but d’impulser les actions aux échelons local et régional et dans les proportions nécessaires pour assurer la transformation.
Le Sommet de l’avenir qui aura lieu en septembre prochain sera une occasion unique pour toute une génération de renforcer la coopération sur les défis critiques, et d’apporter des réponses aux lacunes constatées dans la gouvernance mondiale. Ce sommet réaffirmera les engagements actuels, notamment les ODD, et contribuera à redynamiser le système multilatéral.
Nous allons convier le secteur privé à participer à des échanges importants avant, pendant et après le Sommet. Préserver notre avenir, lutter contre le court-termisme, ou « mettre le turbo » sur les ODD sont des mesures qui vont dans le sens des intérêts des entreprises responsables.
Nous devons mettre la puissance des 20 000 entreprises associées au Pacte mondial au service des opportunités que présente le secteur privé, opportunités qu’il nous appartient de saisir et d’exploiter. J’appelle tou.s.te.s les participant.e.s à s’investir dans le cadre de nos plateformes et programmes à l’échelle mondiale, régionale et locale.
Ce que signifie la contribution au Pacte mondial de l’ONU
Contribuer à l’action du Pacte mondial de l’ONU, c’est faire entendre la voix du secteur privé en tant que contributeur majeur aux ODD sur les plateformes mondiales. C’est impliquer le secteur privé dans les grandes transitions des domaines de l’énergie, du climat, des systèmes alimentaires, de l’éducation, de la connectivité numérique et de l’emploi. C’est créer de puissantes plateformes régionales au service des priorités régionales.
Compte tenu des lieux où nous sommes intervenu.e.s en 2023, cela signifie aussi promouvoir les énergies renouvelables en Europe et la protection de la biodiversité en Amazonie sous l’impulsion des entreprises. Cela signifie lutter contre les discriminations fondées sur le sexe et renforcer les qualifications des femmes sur le lieu de travail au Sri Lanka, ou aider les PME ukrainiennes à reconstruire leur outil de travail face aux destructions causées par la guerre. Cela peut signifier encore la création de partenariats public-privé pour assurer une offre de transports durables au Nigeria. Aux États-Unis, cela implique de solliciter le secteur privé afin de garantir aux entreprises et à leurs chaînes logistiques mondiales les ressources et l’accompagnement nécessaires pour intégrer pleinement les ODD et les Dix principes dans leurs procédures opérationnelles.
Apporter sa contribution au Pacte mondial de l’ONU, c’est, fondamentalement, agir pour l’avènement d’entreprises plus robustes et d’économies plus résilientes partout dans le monde. C’est à cela que, dans notre esprit à toutes et à tous, devra ressembler le monde de demain. En 2024, nous devrons être plus courageux.ses et ambitieux.ses que jamais.
Je vous prie d’agréer, Mesdames, Messieurs, l’expression de mes sentiments distingués,
Sanda Ojiambo








