22 juin 2023

Le Pacte mondial Réseau France célèbre ses 20 ans à l’UNESCO  

Lancé en 2023, le réseau français du Pacte mondial des Nations Unies a célébré ses 20 ans le 22 juin à l’UNESCO. À l’issue de l’Assemblée générale, le Conseil d’administration s’est exprimé en faveur de Florent Menegaux, élu pour un mandat de trois ans à la présidence du réseau. Une journée également marquée par une série de débats pour interroger la responsabilité sociale et environnementale des entreprises.  

C’est à la Maison de l’UNESCO, emblème de la présence onusienne sur le sol français et symbole de la collaboration entre les différentes structures de l’Organisation des Nations unies, que se tenait jeudi 22 juin l’Assemblée générale annuelle du Pacte mondial Réseau France, sous la présidence de Gilles Vermot Desroches, célébrant par la même occasion le vingtième anniversaire de la création du réseau. À l’aube du nouveau millénaire, Kofi Annan avait incité les entreprises à se réunir autour d’un « pacte mondial de valeurs et de principes partagés, qui donnera un visage humain au marché mondial ». En réponse à cet appel, le Pacte mondial des Nations Unies était lancé le 26 juillet 2000. Trois ans plus tard, le réseau français voyait le jour, sous l’impulsion du Président de la République Jacques Chirac. 

Plus de 450 entreprises et 50 partenaires étaient présents pour rappeler, à l’occasion de cet anniversaire, leur engagement auprès du Pacte mondial et de ses Dix principes. Dans son discours d’introduction, Gabriela Ramos, Directrice générale adjointe pour les sciences sociales et humaines de l’UNESCO, a rappelé que l’espoir résidait dans les prises de consciences et dans les actions. Elle a ainsi a appelé les pouvoirs publics, les institutions onusiennes, le secteur associatif et les entreprises adhérentes au Pacte Mondial à s’engager plus avant, en partenariat, pour l’atteinte des Objectifs de développement durable en 2030. 

Alors que se pose la question de l’accélération, de la planification et du soutien aux transitions, le débat a été lancé avec Jean-Pascal Tricoire, président de Schneider Electric, Hubert de Boisredon, PDG d’Armor, et Antoine Peillon, secrétaire général à la Planification écologique. 

« L’entreprise est le premier élément de la transition environnementale, sociétale et de gouvernance, a notamment rappelé le président de Schneider Electric, qui siège depuis 2018 au conseil d’administration du Pacte mondial des Nations Unies. Mais nous sommes tous interdépendants et il nous faut une grammaire commune. En jouant le rôle d’organe de ralliement du secteur entrepreneurial, le Pacte mondial permet d’imposer de nouvelles façons de penser et de faire bouger les lignes. Mais nous devons absolument accélérer, car au rythme actuel il faudrait par exemple 150 ans pour effectuer la rénovation énergétique du parc immobilier français. » 

Sandrine Dixson-Declève, co-présidente du Club de Rome, a ensuite pu apporter des éléments de réponse inspirants qui ont permis d’esquisser la voie vers une économie plus équilibrée et plus durable, en s’interrogeant sur la manière de penser la croissance économique, la productivité et le profit, alors que l’humanité est confrontée à des défis sociaux et environnementaux sans précédent. 

« Croître autrement, cela signifie qu’il faut changer les indicateurs économiques pour prendre en compte ce qui est le plus essentiel et non plus la seule productivité expliquait-elle.  En Occident, il faut arrêter de croître, tandis que dans les pays du Sud, il faut créer les conditions d’un développement vers une économie de bien-être. » 

François Gave, représentant spécial pour la responsabilité sociétale des entreprises et la dimension sociale de la mondialisation au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères français, Lila Karbassi, Président de l’initiative Science Based Targets et Gilles Vermot Desroches, Senior vice-président citoyenneté et relations institutionnelles de Schneider Electric, ont ensuite détaillé leur vision de la place qu’occupent les entreprises dans le paysage mondial actuel, et la stratégie qu’elles doivent apporter. 

Les déséquilibres actuels, que ce soit sous forme d’évènements climatiques extrêmes – sécheresses, inondations – ou de pandémies, et leurs impacts sur la vie quotidienne de millions de terriens – pauvreté, maladies, migrations… – voire sur la paix dans le monde, sont si concrets, si visibles, qu’il n’y plus d’échappatoire possible. Il faut agir, et vite. « La durabilité est aujourd’hui l’impératif absolu pour la croissance économique et la survie de l’humanité », a ainsi tranché Georg Kell, Directeur fondateur du Pacte mondial. 

La responsabilité de l’entreprise sur son lieu d’implantation fut ensuite mise au débat. Les réponses, avancées par Apinayaa Uthayakumar, déléguée française au Y20 de l’Institut Open Diplomacy, Thomas Guest, président national de la Jeune Chambre Économique Française, et Priscille Allais-Caucé, dirigeante de la société Cosmogen, vont dans le sens de l’ODD 17 axé sur les partenariats. Au même titre que l’État œuvre au bien-être des citoyens et à la cohésion sociale, les entreprises ont aussi un rôle clé à jouer dans ce domaine. Et bien sûr, les deux sont attendus pour lutter contre le dérèglement climatique. « Les entreprises ne doivent pas attendre que l’État leur fixe des objectifs », a notamment assuré Priscille Allais-Caucé. 

Enfin, Thierry Beaudet, président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Dominique Méda, professeure des universités et sociologue et Florent Menegaux, Président de Michelin et nouveau Président du Pacte mondial Réseau France, ont débattu de l’équation, difficile à résoudre, entre expansion économique, gage de développement nécessaire pour des milliards de terriens, et monde en passe d’atteindre les limites planétaires. Faut-il opter pour une nouvelle forme de croissance ? Mais laquelle ? Et qui doit agir ? 

Mais comment faire rêver avec cette sobriété ou cette post-croissance, alors que les classes moyennes des pays émergents ne veulent qu’une chose, consommer, au même titre que les pays riches, et que les habitants de pays développés sont bombardés de publicités les incitant à acheter toujours plus ? « Il faut davantage réglementer la publicité et agir sur les représentations pour changer les mentalités », a répondu Thierry Beaudet. Ce qui implique, selon Dominique Méda, de d’abord demander à ceux qui consomment le plus et polluent le plus – les habitants des pays riches, et à l’intérieur de ces sociétés, les plus aisés parmi la population – de faire des efforts. « Une réflexion est à mener sur ce que sont les vrais besoins et sur la satisfaction des besoins de tous », a-t-elle affirmé. Une réflexion qui passe aussi par l’émergence de nouvelles façons de faire. Ainsi, au lieu de posséder (une voiture, par exemple, mais aussi, pour une entreprise, une machine), l’idée est d’en avoir simplement l’usage. Ce nouveau partage incitera aussi les fournisseurs, qui loueront ainsi certains biens, à s’assurer qu’ils dureront longtemps, question de rentabilité pour eux. Loin, donc, de l’obsolescence programmée qui a rythmé les achats, toujours et encore, ces dernières décennies. « Ce ‘toujours plus’ a conduit à un gaspillage colossal et ce n’est pas le modèle à apporter à ceux qui sont, au Sud, dans la survie », a notamment souligné Florent Menegaux. 

Nils Pedersen, Délégué général du Pacte mondial Réseau France, a ouvert et conclu cette journée d’échanges et de débats, qui fut l’occasion d’examiner tous ces sujets dans leur complexité. À l’image du Pacte mondial, qui réunit des entreprises de toute taille et de tout secteur, chacun a pu amener sa pierre à l’édifice et faire avancer le nécessaire débat autour de la transition des modèles d’affaires des entreprises pour répondre aux nombreux défis de la transition juste, une transition écologique qui ne laisse personne de côté.

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