22 mars 2023

Les entreprises doivent s’unir pour faire face à la crise mondiale de l’eau

En plus d’économiser, de traiter et de recycler l’eau, les entreprises peuvent accroître leur impact grâce à des actions collectives, écrivent Sanda Ojiambo et Jason Morrison.

Du 22 au 24 mars, les Nations Unies ont organisé leur première Conférence sur l’eau en près de 50 ans. Sur tous les continents, les ressources en eau douce s’épuisent, la pollution des rivières et les pénuries d’eau augmentent. À mesure que le réchauffement climatique prend effet, les inondations et les sécheresses s’intensifient également.

Déjà, 3,6 milliards de personnes, soit près de la moitié de la population mondiale, connaissent de graves pénuries d’eau pendant au moins un mois dans l’année. Le changement climatique aggrave ces problèmes. Des problèmes qui semblaient autrefois lointains touchent maintenant les habitants du bassin du fleuve Colorado aux États-Unis, des rives du Rhin en Allemagne,  de la ville du Cap et  des petites villes et villages du monde entier.

Entre temps, nous sommes loin d’atteindre l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement – l’un des Objectifs de développement durable des Nations Unies pour 2030. Dans le monde, 2,2 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à l’eau potable et plus de la moitié de la population mondiale n’a pas accès à un assainissement sûr.

Il est urgent d’agir, mais l’ONU rappelle que les entreprises sous-estiment systématiquement l’impact de notre double crise de l’eau et du climat sur leur capacité à poursuivre leurs activités. Se référant à son récent premier rapport sur l’état des ressources mondiales en eau, le Secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale, Petteri Taala,  a souligné qu’il n’y avait toujours pas suffisamment de compréhension de l’accélération des changements dans la distribution, la quantité et la qualité des ressources en eau douce dans le monde.

Amener la gestion de l’eau au-delà des portes de nos usines

Notre ignorance cache un danger énorme et croissant. Le CDP estime qu’environ 300 milliards de dollars de valeur commerciale sont menacés en raison de la pénurie d’eau, de la pollution et du changement climatique.

Les entreprises doivent faire partie de la solution à la crise mondiale de l’eau. L’industrie – de la production alimentaire à l’exploitation minière, de la fabrication de vêtements à la haute technologie – est collectivement le plus grand utilisateur de ressources en eau. L’analyse de rentabilisation de la sauvegarde de ce plus précieux de tous les intrants est inattaquable.

Bien sûr, de nombreuses entreprises prennent déjà des mesures pour réduire, réutiliser et recycler l’eau dans leurs propres opérations et celles de leurs chaînes d’approvisionnement. Mais les entreprises peuvent et doivent faire passer leur gestion de l’eau au niveau supérieur.

En s’unissant et en agissant collectivement, les entreprises peuvent multiplier leurs efforts pour soutenir les bassins hydrographiques et leurs communautés locales, qui peuvent très bien inclure leurs fournisseurs, leurs employés, leurs clients… Tel est l’objectif de l’Appel aux entreprises à accélérer l’action pour l’eau, la contribution du secteur privé au Programme d’action pour l’eau adopté lors de la Conférence des Nations Unies sur l’eau. De nombreuses entreprises signataires de l’appel sont des membres de la Water Resilience Coalition (WRC), une initiative du Pacte mondial des Nations unies et du Pacific Institute. Celle-ci vise à obtenir un impact positif sur l’eau dans plus de 100 bassins soumis au stress hydrique qui soutiennent plus de 3 milliards de personnes dans le monde d’ici 2030.

L’une des façons dont certaines grandes entreprises agissent collectivement est l’« investissement à impact » – une forme d’investissement spécialement conçue pour apporter une contribution sociale et environnementale positive ainsi que des rendements financiers.

Grâce au portefeuille d’investissement récemment lancé par la Water Resilience Coalition, les membres co-investissent des ressources et tirent parti de leur capital et de leur influence pour améliorer l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène.

Investir pour accéder à un besoin fondamental

Le Water Resilience Coalition Investment Portfolio soutient deux fonds d’investissement initiaux sur le thème de l’eau. Le premier, qui devrait lever 150 millions de dollars d’ici la mi-2023, sera canalisé vers des prêts de microfinance pour les familles qui ont besoin d’installer des toilettes et des systèmes d’égouts. Cinq membres de la Water Resilience Coalition– Starbucks, Ecolab, Gap Inc., Reckitt et DuPont – ainsi que la Société américaine de financement du développement international, la branche de financement du développement du gouvernement américain, ont investi dans ce fonds, qui bénéficiera à 5 millions de personnes en Asie du Sud-Est, en Afrique subsaharienne et en Amérique latine.

Un deuxième fonds financera des projets et des entreprises visant à améliorer l’approvisionnement, le traitement, la distribution et la réutilisation de l’eau. Microsoft a conclu un accord préliminaire pour être son premier investisseur.

Les deux premiers fonds soutenus par le portefeuille d’investissement sont gérés par WaterEquity, le premier gestionnaire d’actifs exclusivement axé sur la résolution de la crise mondiale de l’eau et de l’assainissement. Jusqu’à présent, 28 entreprises mondiales de premier plan et des partenaires, dont WaterAid, Water.org et l’Unicef, ont rejoint la Water Resilience Coalition, mais la tâche est immense :  davantage d’entreprises doivent ainsi s’investir.

Nous devons nous préparer maintenant

La crise de l’eau est une menace existentielle pour les opérations commerciales dans le monde entier. Mais cela ne doit pas être la seule raison d’agir. Des systèmes d’approvisionnement en eau sains sont le fondement même de la vie sur terre, sous-tendant la sécurité alimentaire et énergétique, la santé humaine, la biodiversité et de nombreux autres biens publics.

Les entreprises peuvent, et doivent, unir leurs forces pour protéger la santé et renforcer la résilience de l’eau dans les communautés où elles opèrent. Elles doivent aussi aider à inverser la dégradation de nos écosystèmes qui protègent l’eau.

Nous devons tous nous préparer à des phénomènes météorologiques de plus en plus extrêmes fragilisant le monde dans lequel nous vivons : inondations, sécheresses …  Nous devons agir maintenant, car la crise de l’eau nous affecte déjà tous.

Sanda Ojiambo est la Directrice générale du Pacte mondial des Nations Unies. Jason Morrison est président du Pacific Institute et chef du CEO Water Mandate et de la Water Resilience Coalition.

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