24 novembre 2022

La COP27 conclue par un accord sur le financement des pertes et préjudices

La COP27 a souligné la nécessité d’une action collective du secteur privé pour prévenir les impacts de la crise climatique et atteindre les Objectifs de développement durable. La Conférence a notamment débouché sur une avancée majeure pour répondre à une question centrale : qui doit financer les conséquences du réchauffement climatique ?

Du 6 au 18 novembre dernier, chefs d’État, ministres et négociateurs, mais aussi militants pour le climat, maires, représentants de la société civile et chefs d’entreprise se sont réunis dans la ville côtière égyptienne de Charm el-Cheikh pour le plus grand rassemblement annuel sur l’action climatique. Un des sujets centraux qui y a été discuté était celui du financement des pertes et préjudices provoqués par les catastrophes naturelles liées au réchauffement climatique, qui frappent plus durement les pays du Sud.

Sur ce sujet en particulier, une avancée notable a été entérinée par l’ensemble des 196 pays présents : un fonds de réponse aux pertes et dommages sera créé, à destination exclusive des pays les plus vulnérables et financé par les pays les plus développés. Inchangées depuis la signature de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques de 1992 (CCNUCC), les listes des pays industrialisés et des pays vulnérables seront réétudiées. Ce fond constitue une évolution majeure des systèmes de financement autour du climat, qui concernaient – avant cette COP27 – seulement la réduction des émissions de GES (gaz à effet de serre) et l’adaptation aux conséquences du réchauffement climatique.

Simon Stiell, Secrétaire exécutif du Secrétariat des Nations unies sur les changements climatiques, a rappelé que le monde entrait dans une décennie critique pour l’action climatique. Comme signalé par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), l’Organisation météorologique mondiale (OMM) ou encore ONU Climat dans leurs rapports en amont de l’ouverture de cette COP, la mise en œuvre des engagements actuels des gouvernements nationaux nous dirigerait vers un réchauffement des températures de +2.4°C à +2.6°C en 2100.

Malgré ce retard au niveau mondial, le cap de maintenir le réchauffement climatique à +1.5°C d’ici 2100, tel que défini par l’Accord de Paris, a été réentériné lors des négociations. Pour respecter cette trajectoire, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations unies préconise de diminuer les émissions mondiales de GES de 45% d’ici à 2030. Ce rythme n’est actuellement pas respecté sous les engagements actuels, et peu de participants ont profité de la conférence pour rehausser leurs objectifs propres.

« Nous avons une série d’étapes à franchir. Nous devons nous serrer les coudes, avec détermination, à travers tous les processus, qu’ils soient nationaux, régionaux ou autres. Chaque étape est importante et crée un élan » a précisé Simon Stiell.

Le Pacte mondial des Nations unies pour mobiliser le secteur privé face à l’urgence climatique

Cette 27e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques a souligné la nécessité d’une action du secteur privé pour prévenir les impacts de la crise climatique. Ce n’est que par des efforts collectifs que nous pourrons favoriser un changement positif et atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) définis par les Nations Unies. Le Pacte mondial était présent avec l’appui de son réseau local égyptien. Il a réuni des représentants onusiens, des États et du secteur privé pour impulser encore plus l’action des entreprises en termes de lutte contre le réchauffement climatique.

Trois événements phares ont été organisés :

  • le “High-Level Meeting of Caring for Climate”, en partenariat avec le PNUE et la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), qui réunit secteur privé, société civile, Nations unies et représentants de gouvernements pour débattre sur comment accélérer la réponse du secteur privé au changement climatique et proposer des solutions tangibles pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris;
  • un événement “Climate Action Now: A Critical Priority for African Business Leaders” où une déclaration commune de plus de 50 chefs d’entreprises du continent africain a été publiée : l’African Business Leaders’ Climate Statement, qui souligne les engagements des entreprises africaines pour l’action climatique et appelle la communauté internationale à tenir ses propres engagements;
  • le troisième événement annuel “Uniting Business Africa” en partenariat avec les réseaux locaux africains du Pacte mondial : les participants ont proposé des pistes d’actions pour accélérer le soutien de la part du secteur privé aux actions de lutte contre le changement climatique.

Selon Sanda Ojiambo, Sous-Secrétaire générale et Directrice générale du Pacte mondial des Nations Unies, « il nous reste moins de 10 ans pour emmener le monde sur une trajectoire 1.5°C, réduire les inégalités et réaliser l’Agenda 2030. Les évolutions du climat montrent plus que jamais que le temps nous est compté. C’est le moment ou jamais pour le secteur privé de transformer engagements audacieux en solutions tangibles pour protéger notre planète et notre futur. Le Pacte mondial des Nations unies est impatient de poursuivre son travail avec les entreprises du monde entier afin d’accélérer notre transition vers la neutralité carbone. »

Pour aider le secteur privé à combler l’écart entre l’ambition et l’action, le Pacte mondial a porté trois axes phares que les entreprises sont invitées à intégrer dans leurs actions :

  • accélérer les réductions des émissions de GES ;
  • s’adapter aux effets déjà présents du changement climatique ;
  • se diriger vers la neutralité carbone en respectant une transition juste, qui n’exclue pas la composante sociale du développement durable.

Le Pacte mondial de l’ONU a aussi mis à disposition une série de ressources lors de la COP27:

– Just Transition for Climate Adaptation: A Business Brief
– African Business Leaders’ Climate Statement
– Water Resilience Assessment Framework: Corporate Guidance
– Mapping a Maritime Just Transition for Seafarers

Événement à venir: “COP27 Debrief: What’s next for the private sector “

Pour en savoir plus sur l’après-COP27, rejoignez-nous le 6 décembre pour une session interactive en direct organisée par l’Académie du Pacte mondial des Nations Unies avec des experts sur l’action climatique et des conseillers principaux de l’Action Climat du Secrétaire général des Nations Unies.

Autres actualités

La durabilité d’entreprise nécessite une vision plus large 

28 avril 2026

Face à l’instabilité géopolitique, la durabilité d’entreprise change de nature. Georg Kell, fondateur du Pacte mondial des Nations Unies, et Andreas Rasche (Copenhagen Business School) la repensent comme un levier de résilience.

  • #Point de vue #RSE

Le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France engagé au GACIF 2026 pour une intégrité plus opérationnelle 

31 mars 2026

Du 23 au 27 mars 2026, le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France a participé activement au Global Anti-Corruption & Integrity Forum (GACIF), organisé par l’OCDE à Paris.

  • #Anticorruption #Pacte mondial

Biodiversité : pourquoi les entreprises ont-elles intérêt à la protéger ?

25 mars 2026

Que risquent concrètement les entreprises à ignorer l’effondrement du vivant ? Entre dépendances aux écosystèmes, pressions réglementaires et risques systémiques, la biodiversité s’impose comme un enjeu stratégique. Décryptage, à la lumière du dernier rapport de l’IPBES.

  • #Biodiversité

Le Pacte mondial des Nations Unies mobilisé lors du Forum mondial anti-corruption et intégrité de l’OCDE 2026

5 mars 2026

Cette année, le GACIF se tient sous le thème « L’intégrité, un atout au service de la compétitivité et de la prospérité ». Dans ce contexte, le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France, aux côtés de plusieurs Réseaux européens et internationaux, contribuera activement aux discussions en organisant et en participant à plusieurs sessions clés tout au long de la semaine.

  • #Anticorruption #Pacte mondial

Le rôle mondial de l’Europe à un tournant décisif : Le SDSN Europe publie son rapport 2026 sur la mise en œuvre des ODD en Europe

4 mars 2026

Le nouveau rapport 2026 du SDSN Europe met en garde contre le risque que la stagnation des progrès, le déclin de l’engagement politique et les pressions géopolitiques menacent le leadership mondial de l’Europe en matière d’ODD. 

  • #Intégration des ODD

Découvrez les priorités et nouveautés de l’Académie en 2026

2 mars 2026

L’Académie est la plateforme de formation du Pacte mondial des Nations Unies, accessible gratuitement et sans limite à tous vos collaborateurs.

  • #Pacte mondial

A l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, mobilisez vos collaborateurs et transformez votre entreprise en faveur de l’égalité de genre.  

27 février 2026

Nous célébrerons le 8 mars prochain la journée internationale des droits des femmes, l’occasion d’amplifier la mobilisation du secteur privé en faveur des droits des femmes et de leur autonomisation, grâce aux outils et évènements du Pacte mondial.  

  • #Égalité entre les sexes #Pacte mondial

Présentation du programme 2026 : ce qu’il faut retenir 

19 février 2026

Revivez les temps forts du webinaire de présentation du programme 2026, qui a offert un panorama clair des priorités de l’année et des différents formats d’accompagnement proposés aux entreprises : groupes de travail, cercles régionaux, accélérateurs, événements et autres dispositifs au service de leur démarche RSE. 

  • #Pacte mondial

Biodiversité : un nouveau rapport et un consensus sur le rôle clé des entreprises 

L’IPBES, « le GIEC de la biodiversité », a publié son nouveau rapport d’évaluation majeur, avec pour objet d’étude les relations entre entreprises, économie et biodiversité. Ce rapport constitue la première évaluation à consensus scientifique mondial sur les impacts et dépendances des activités économiques vis-à-vis du vivant.

  • #Biodiversité

Que diriez-vous de rester informé ?

Les dernières actualités dans votre boite mail.