20 septembre 2022

Le label, un outil pour structurer sa démarche RSE

Apparus en France dans les années 2000, les labels RSE se sont multipliés, tout en demeurant relativement confidentiels. Cet article fournit les éléments clés pour mieux appréhender ces labels et leurs évolutions.

La définition d’un label RSE

En France, aucune définition officielle d’un « label RSE » n’a, pour le moment, été élaborée. Une étude de l’École de droit de Sciences Po réalisée pour la Plateforme RSE propose de définir la notion comme « tout dispositif d’évaluation qui permet la reconnaissance des politiques et pratiques mises en œuvre et/ou des résultats obtenus par l’entreprise au regard d’un référentiel prenant en compte des critères de RSE ». Les labels RSE reposent généralement sur des référentiels privés développés par des organismes de certification, des organisations professionnelles, des administrations publiques, des ONG, etc. La labellisation ne doit pas être confondue avec la certification, qui est une démarche par laquelle un organisme agréé et indépendant donne l’assurance qu’un produit, service ou système est conforme à certaines exigences. À contrario, les processus de labellisation sont nombreux, de l’auto-évaluation à l’audit sur site. La labellisation est donc une démarche beaucoup plus souple que la certification, ce qui se traduit par une multiplication des initiatives.

La typologie des labels RSE

La thématique, le secteur d’activité et la zone géographique ciblés sont autant de paramètres qui varient d’un label à l’autre. Il ressort de ces différences, quatre grandes catégories de labels : 

  • Les labels généralistes s’adressent à tout type d’organisation ou d’entreprises et portent sur l’ensemble des sujets de RSE. Le label Engagé RSE (Afnor Certification), le label Lucie 26000 (Agence Lucie) sont des exemples de labels généralistes qui s’adressent à tous types d’entreprises.
  • Les labels thématiques sont axés sur des enjeux liés à une thématique spécifique. On y retrouve, par exemple, le label égalité EnVol (CCI France) et Label Relations fournisseurs et achats responsables (Le Médiateur des entreprises).
  • Les labels sectoriels se destinent aux entreprises d’un même secteur d’activité grâce à un référentiel adapté aux enjeux de la profession. Le label ISR (Investissement Socialement Responsable à l’initiative du ministère de l’Économie et des Finances) et le label Print Ethic (Union Nationale des Industries de l’Impression et de la Communication) sont des labels sectoriels.
  • Les labels territoriaux sont des initiatives géographiquement limitées portés par les autorités publiques locales. On y retrouve, par exemple, le label Lyon, Ville Équitable et Durable (Ville de Lyon) et le label Bretagne 26000 (Réseau Produit en Bretagne).

Malgré leurs différences, les labels s’appuient le plus souvent sur des lignes directrices et référentiels internationalement reconnus tels que la norme ISO 26 000 et les Objectifs de développement durable des Nations Unies.

Les objectifs de la norme ISO 26 000

  • Guider les organismes dans la prise en charge des responsabilités sociétales ;
  • Proposer un cadre pour permettre la responsabilité sociétale, identifier et dialoguer avec les parties prenantes et crédibiliser la communication à propos de la responsabilité sociétale ;
  • Valoriser les résultats obtenus ;
  • Améliorer les liens avec les clients, par un accroissement de la satisfaction et de la confiance ;
  • Faire la promotion d’une terminologie unique au sujet de la responsabilité sociétale ;
  • Assurer la cohérence avec les documents existants et les autres normes ISO.

Les avantages et les limites des labels RSE

La labellisation peut être le point de départ d’une démarche RSE, notamment pour les plus petites structures. En effet, ces cadres « prêts à l’emploi » permettent aux entreprises de mieux cibler leurs forces et faiblesses en matière de RSE afin de mettre en place les actions adaptées. Bien que plus confidentiels que les labels-produits, les labels RSE peuvent être utilisés à des fins de communication, notamment B2B (Business to Business). Ils permettent aux entreprises de faire connaître leurs engagements en matière de RSE à travers des logos et grâce à la communication de l’organisme porteur de label. De nombreux labels favorisent également l’action collective à travers des communautés qui offrent aux entreprises labellisées la possibilité d’échanger, de réseauter, voire de participer à des groupes de travail.

En revanche, les labels RSE présentent certaines limites. Les coûts financiers et en ressources humaines de la labellisation peuvent être considérés comme trop élevés pour les plus petites entreprises. Le temps à dédier pour compléter les grilles d’analyse des labels peut décourager les PME. L’absence de compétences internes en matière de RSE peut également être un frein important, notamment dans les plus petites structures. Enfin, la faible notoriété de certains labels RSE et leur hétérogénéité expliquent en partie le désintérêt des grandes entreprises à leur égard. La majorité des labels RSE français ne dépassent pas les frontières nationales, ce qui présente peu de valeur ajoutée en termes d’harmonisation et de communication aux yeux d’entreprises opérant à l’international.

Le Pacte mondial des Nations Unies est-il un label RSE ?

Le Pacte mondial des Nations Unies n’est ni une certification, ni un label RSE. C’est un cadre d’engagement volontaire qui invite les entreprises à aligner leurs opérations sur Dix principes universellement reconnus, qui se basent sur les textes fondamentaux des Nations Unies. Le Pacte mondial fédère plus de 17 000 entreprises de toute taille et de tout secteur dans plus de 160 pays. Les équipes du Pacte mondial n’ont pas vocation à contrôler les performances de ces entreprises, mais à les accompagner dans leur démarche de progrès. Les entreprises membres bénéficient de nombreuses possibilités d’apprentissage et d’engagement : groupes de travail thématiques, accélérateurs, académie, etc. Ainsi, chaque membre peut s’inscrire dans une démarche d’amélioration continue en matière de RSE et communiquer annuellement sur ses progrès grâce à la CoP (Communication on Progress). En plus de leur adhésion au Pacte mondial, les membres peuvent tout à fait décider d’obtenir, en parallèle, des certifications ou des labels RSE s’ils le jugent pertinent dans le cadre de leur stratégie. Si l’initiative du Pacte mondial est bien souvent perçue comme la première démarche en faveur de la RSE, les labels RSE peuvent permettre aux entreprises d’affirmer leur engagement. Ils offrent une certaine reconnaissance et peuvent favorisent l’action collective.

Sources

Chapron J.-P., Dubots C., Imalhayene F. (2020). Label RSE : Accompagner les entreprises et donner confiance à leurs parties prenantes. Consulté le 02/06/2022. https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/7552c816-b39a-4b71-8957-f01b99c3c5ba/files/9753d4fd-91bf-43ff-94c4-160faeb79f13

Ileri E. C., Mure E., Shakirova R.-E. (2020). Labels RSE : État des lieux des pratiques et attentes des parties prenantes. Consulté le 02/06/2022.   https://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/rapport_labels_rse.pdf

Plateforme RSE (2021). Labels RSE : Propositions pour des labels RSE sectoriels destinés aux TPE, PME et ETI. Consulté le 02/06/2022.

https://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/fs-2021-plateforme-rse-avis-labels-rse-fevrier_0.pdf

Secrétariat du groupe de travail Commissariat général au développement durable (2011). Rapport d’étape du groupe de travail « labels entreprises responsables. Consulté le 02/06/2022.

http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_d_etape_ler.pdf

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