2 novembre 2026
COP17 biodiversité : un nouveau cap pour accélérer l’action en faveur de la nature
Sommaire
Quatre ans après l’adoption du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, la COP17, organisée du 19 au 31 octobre 2026 à Erevan, en Arménie, a réuni les États autour d’un objectif commun : accélérer les actions pour enrayer l’érosion de la biodiversité d’ici 2030. Cette conférence a notamment permis de renforcer les orientations en matière de financement, de gouvernance et de mobilisation des acteurs économiques.
Une nouvelle feuille de route pour accélérer l’action
La COP17 constituait une échéance importante pour évaluer les progrès réalisés depuis l’adoption du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal en 2022. Celui-ci fixe 23 objectifs à atteindre d’ici 2030, parmi lesquels la conservation de 30 % des terres et des mers, la restauration de 30 % des écosystèmes dégradés et la réduction des pressions exercées sur la nature.
Face aux retards constatés, les négociations ont abouti à l’adoption de la « Yerevan Pathway », une feuille de route destinée à accélérer la mise en œuvre de ces engagements.
Plusieurs priorités se dégagent :
- La réduction des subventions et incitations économiques néfastes pour la biodiversité.
- Le renforcement des financements publics et privés en faveur de la nature.
- Une meilleure intégration de la biodiversité dans les politiques économiques et les décisions d’investissement.
- L’amélioration du suivi des engagements et de la mesure des progrès.
La conférence a également adopté plusieurs décisions relatives à la protection des écosystèmes, à la biodiversité marine, aux espèces menacées et à la participation des peuples autochtones et des communautés locales.
Le financement, un enjeu central
La mobilisation des ressources financières reste une condition essentielle pour atteindre les objectifs mondiaux. À Erevan, plusieurs initiatives et engagements financiers ont été annoncés, représentant près de 2 milliards de dollars de nouveaux financements et soutiens en faveur de la biodiversité.
Ces annonces témoignent d’une volonté de renforcer la contribution du secteur privé et de diversifier les sources de financement. Elles rappellent néanmoins l’ampleur des besoins pour accompagner la transformation des modèles économiques et soutenir les pays les plus vulnérables.
Quelles implications pour les entreprises ?
Les conclusions de la COP17 envoient un signal clair au monde économique : la préservation de la biodiversité doit devenir une composante à part entière des stratégies d’entreprise.
Les activités économiques dépendent directement ou indirectement des ressources naturelles et des services rendus par les écosystèmes. Leur dégradation représente donc un risque opérationnel, financier et stratégique pour de nombreux secteurs.
Les entreprises sont ainsi invitées à :
- Identifier leurs impacts et dépendances vis-à-vis de la nature, sur l’ensemble de leur chaîne de valeur.
- Intégrer les enjeux de biodiversité dans leur stratégie, leur gouvernance et leurs décisions d’investissement.
- Faire évoluer leurs pratiques d’achat et leurs chaînes d’approvisionnement.
- Développer des indicateurs pour mesurer et suivre leurs progrès.
Cette dynamique rejoint notamment les travaux de la TNFD (Taskforce on Nature-related Financial Disclosures), qui propose un cadre pour identifier, évaluer et rendre compte des dépendances, impacts, risques et opportunités liés à la nature. Elle fait également écho aux Dix principes du Pacte mondial des Nations unies, en particulier aux principes 7, 8 et 9 relatifs à la protection de l’environnement.
La COP17 confirme que la préservation du vivant ne peut reposer sur les seuls engagements des États. La mobilisation des entreprises est indispensable pour accélérer la transition vers des modèles économiques plus durables.
Au-delà de la réduction de leurs impacts, elles sont appelées à repenser leurs chaînes de valeur, leurs investissements et leurs pratiques afin de contribuer à la protection et à la restauration des écosystèmes.
À l’approche de l’échéance de 2030, le défi est désormais de transformer les engagements internationaux en actions concrètes et mesurables.


