30 octobre 2026
Soirée diplomatique : l’ONU à l’épreuve des nouveaux équilibres diplomatiques
Sommaire
Le 29 octobre, le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France et l’Association française pour les Nations Unies (AFNU) ont organisé la deuxième édition de leur cycle de Soirées diplomatiques. Consacrée aux enseignements de l’Assemblée générale des Nations Unies (UNGA) et aux perspectives du multilatéralisme, cette rencontre a réuni diplomates et représentants du secteur privé autour des évolutions de la scène internationale et de leurs implications pour les entreprises.
Un multilatéralisme fragilisé, mais indispensable
En introduction de cette soirée, Nils Pedersen, délégué général du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France a rappelé la nécessité d’associer pleinement le secteur privé aux dynamiques du multilatéralisme. Son propos a appuyé le besoin des entreprises d’un cadre international stable et de règles claires pour développer leurs activités et inscrire leurs engagements dans la durée.
Jean-Maurice Ripert, ancien ambassadeur et président de l’AFNU a, quant à lui, dressé un constat préoccupant de la situation internationale : « Les Nations Unies vont mal et le multilatéralisme va mal. » Il a notamment souligné la multiplication des conflits, la hausse des victimes civiles, le recul de l’aide publique au développement et les violations croissantes du droit international. Il a également rappelé un paradoxe central : les États attendent beaucoup des Nations Unies, sans toujours leur donner les moyens nécessaires pour agir.

Quels enjeux pour les États et les entreprises ?
La soirée s’est poursuivie par une table ronde animée par Pierre Henri Guignard, ancien ambassadeur et Secrétaire général de l’AFNU, qui a réuni deux intervenants aux regards complémentaires sur les enjeux du multilatéralisme.
Jean-Louis Falconi, directeur des Nations Unies, des organisations internationales, des droits de l’homme et de la francophonie au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, a proposé une lecture géopolitique du multilatéralisme. Rappelant que les Nations Unies sont le reflet du monde et de ses contradictions, il a souligné que la période favorable à la coopération internationale ouverte après la chute de l’URSS semble aujourd’hui se refermer. Il a également identifié trois dimensions essentielles du multilatéralisme pour les entreprises : la préservation d’un cadre international stable, indispensable à leurs activités ; la régulation de leur environnement économique ; et l’ouverture de nouvelles opportunités commerciales, notamment à travers les marchés des Nations Unies, dont la France est le sixième fournisseur. Il a enfin rappelé que les formats de coopération tels que le G7, le G20 ou les coalitions sont complémentaires de l’action des Nations Unies. Un sujet déjà abordé lors de la première soirée diplomatique dédiée au décryptage des enseignements de la président française du G7.
Céline Coulibre-Duménil, directrice du développement durable du groupe Rexel et Sherpa du Président du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France, a partagé son retour d’expérience de New York, où elle a participé au Leaders Summit et à la Climate Week en septembre. Elle a souligné la qualité des échanges, largement tournés vers les solutions, et la mobilisation des entreprises autour des enjeux climatiques et de la création de valeur par la RSE. Son intervention a notamment mis en lumière le rôle que les entreprises peuvent jouer dans les dynamiques internationales, tout en rappelant la nécessité d’intégrer les risques géopolitiques dans leurs stratégies et leurs instances de gouvernance. La stabilité internationale constitue en effet une condition essentielle pour sécuriser les investissements et inscrire les activités économiques dans la durée. Le multilatéralisme apporte ainsi un cadre et une boussole aux entreprises, qui ont également une voix à faire entendre dans les discussions internationales, et un rôle à jouer en tant que vecteurs de paix.

Quel avenir pour les Nations Unies et leur gouvernance ?
La table ronde s’est poursuivie par un échange avec les participants, notamment autour des attentes à l’égard du prochain Secrétaire général des Nations Unies. Céline Coulibre-Duménil a notamment exprimé le souhait de voir une femme accéder à cette fonction et plaidé pour une place accrue de la voix des entreprises au sein de l’Organisation. Jean-Louis Falconi a, pour sa part, insisté sur la nécessité pour le futur Secrétaire général de porter la réforme des Nations Unies, en faisant preuve d’indépendance, de valeurs et d’une réelle capacité à concilier les contraintes internationales.
Cette deuxième édition confirme le succès du cycle de Soirées diplomatiques. Elle rappelle surtout combien le dialogue entre institutions et secteur privé est essentiel et doit être nourri dans les deux sens : les entreprises apportent leur expérience du terrain et leur capacité d’action, tandis que les institutions contribuent à définir un cadre commun de coopération.
En conclusion de la soirée, Pierre-Henri Guignard a rappelé une conviction qui résume pleinement l’esprit de ces rencontres : « Le multilatéralisme est l’affaire de tous, et pas uniquement des diplomates. »
Le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France et l’AFNU entendent poursuivre ce cycle afin de faire vivre ce dialogue et de rapprocher durablement les acteurs économiques et diplomatiques.



