30 juin 2026

Version 2.0 du Corporate Net-Zero Standard de SBTi : de l’ambition à l’action 

Le 11 juin 2026 marquait la sortie de la version remaniée du Corporate Net-Zero Standard de l’initiative Science Based Targets (SBTi). Cinq ans après la version initiale, les principes fondamentaux restent inchangés mais la philosophie évolue : au-delà de définir des objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES) alignés avec la science, les entreprises devront désormais prouver qu’elles peuvent mettre en œuvre les actions pour atteindre ces objectifs, suivre leurs progrès, et intégrer un véritable plan de transition climatique dans leur stratégie. 

Une nouvelle version mettant l’accent sur la mise en œuvre, le suivi des progrès et l’amélioration continue 

Le 11 juin 2026, la Science Based Targets initiative (SBTi) a publié la version 2.0 de son Corporate Net-Zero Standard (CNZ), première révision majeure depuis le lancement de la norme en 2021. Document central de la participation à SBTi, il fixe les critères pour établir des objectifs de réduction des émissions de GES alignés sur un réchauffement climatique à 1,5 °C. Il préconise aux entreprises de réduire en priorité leurs émissions sur l’ensemble de leur chaîne de valeur (Scope 1, 2 et 3) et exige des objectifs à court terme avec une vision zéro émission nette à horizon 2050 au plus tard. 

Depuis 2021, le contexte a évolué : les réglementations se sont renforcées, et SBTi est devenu le principal cadre de référence permettant aux entreprises de définir leurs objectifs de réduction, avec plus de 10 000 entreprises participantes dans le monde. L’objectif de la nouvelle version de la norme est de proposer un cadre plus opérationnel et mieux adapté à la réalité des entreprises. 

La priorité reste la même : réduire les émissions de manière compatible avec un scénario 1,5°C, mais la manière d’évaluer les engagements des entreprises évolue. Là où la première version restait focalisée sur la fixation des objectifs, la nouvelle s’intéresse davantage aux moyens et aux bonnes pratiques de réduction que l’entreprise participante devra mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs. Dans le cadre de la participation à l’initiative, elles devront ainsi démontrer qu’elles disposent d’un véritable plan de transition, d’une gouvernance dédiée et d’un dispositif de suivi régulier des avancées. Ce suivi des engagements constitue l’un des ajouts les plus importants : il est attendu des entreprises qu’elles rendent compte régulièrement de leurs progrès dans les réductions, justifient les éventuels écarts et refixent leurs objectifs globaux si nécessaire.  

SBTi introduit également dans cette nouvelle version une approche plus différenciée selon le profil des organisations. Les exigences varient selon la taille des entreprises, leur niveau de maturité ainsi que les contextes économique et géographique dans lesquels elles évoluent. 

L’utilisation de crédits carbone est identifiée comme une solution à n’utiliser qu’en dernier recours, une fois les réductions directes d’émissions épuisées. En tant que complément, et jamais comme substitution, le nouveau référentiel ouvre ainsi la possibilité d’y recourir de manière strictement encadrée, et suivant des types de crédits et autres mécanismes de contribution climatique de haute intégrité.  

Un nouveau document pour une nouvelle stratégie 

La sortie de cette norme révisée accompagne la nouvelle stratégie 2026-2030 de SBTi dévoilée en mai 2026, après avoir pris en compte les retours des entreprises participantes : 

  • Passer d’une approche généralisée à des normes axées sur l’action et à des trajectoires sur mesure, adaptées à chaque secteur et à chaque zone géographique, en fonction de ce sur quoi les entreprises peuvent exercer une influence 
  • Élargir le champ d’action de la définition d’objectifs à leur mise en œuvre, en mettant davantage l’accent sur la transparence des données et les progrès au niveau systémique 
  • Renforcer les partenariats afin de réduire la fragmentation, les doublons et la charge pesant sur les entreprises 
  • Maximiser l’impact en déployant l’initiative dans les secteurs et les régions à fortes émissions 

Selon l’initiative, à mesure que les ambitions climatiques des entreprises prennent de l’ampleur, le défi évolue : il ne s’agit plus seulement de fixer des objectifs, mais aussi de les atteindre. SBTi souhaite ainsi faire évoluer son positionnement d’organisme fixant un niveau d’ambitions à celui de véritable partenaire de transformation. Cette nouvelle stratégie reconnaît que les entreprises évoluent dans un contexte d’incertitude et de dépendance, notamment en ce qui concerne les émissions de scope 3. Il est attendu de celles qui ne parviendraient pas à atteindre pleinement leurs objectifs qu’elles fassent preuve de transparence : expliquer où des progrès ont été réalisés, préciser où des obstacles subsistent et décrire comme les surmonter. 

Un suivi de ces évolutions dans l’offre de services du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France 

Ces récentes évolutions sont d’ores-et-déjà incluses dans nos différents programmes traitant de la stratégie climat des entreprises :  

  • La Climate Action Platform, à destination des directions climat des grandes entreprises, dont le sujet principal est la gestion des émissions de Scope 3, dédie une de ses cinq sous-thématiques aux cibles de réduction et aux normes SBTi 

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