L’ancrage territorial des entreprises pour une transition juste
Introduction
L’ancrage territorial, ou « territorialisation » est le lien qu’une entreprise entretient avec son environnement local. Cette approche, qui est un pilier de la RSE, permet de se différencier et de renforcer sa compétitivité. En France, cette stratégie est indispensable pour une transition juste, car elle permet de lier la décarbonation aux réalités socio-économiques d’un territoire donné.
C’est quoi une transition juste ?
La transition juste est un concept inscrit dans le préambule de l’Accord de Paris. Elle est définie par l’ADEME comme une transition qui « accompagne la cessation ou la mutation des activités brunes et le développement des activités vertes », tout en prenant en compte les défis propres à chaque économie et société. La transition juste intègre des dimensions environnementales, mais aussi sociales, économiques et de gouvernance. C’est une démarche collective, qui implique l’État, les entreprises et les citoyens.
De nouvelles législations, comme la loi PACTE en France et la directive européenne CSRD, renforcent cette approche en introduisant le cadre d’analyse de la « double matérialité ». Ce cadre contraint les entreprises à évaluer à la fois l’impact de leurs activités sur l’environnement et la société, et l’impact de ces facteurs sur leur propre performance. La transition juste leur fournit un cadre pour lier les objectifs de décarbonation aux enjeux sociaux.
Qui est concerné ?
Toutes les entreprises sont concernées par cette démarche, quel que soit leur taille.
– Grandes entreprises et entreprises de taille intermédiaire (ETI), en s’engageant au-delà de leur propre décarbonation pour gérer les conséquences sociales et économiques de leurs actions, elles renforcent leur légitimité et leur « licence sociale d’exploitation » (SLTO, pour Social Licence to Operate).
– TPE et PME : grâce à leur proximité avec les clients, l’approvisionnement local et la mise en valeur des savoir-faire régionaux, elles peuvent se différencier et fidéliser une clientèle qui recherche l’authenticité.
Comment renforcer son ancrage sur le territoire ?
Pour renforcer leur ancrage territorial, les entreprises doivent établir des relations durables avec les acteurs locaux (politiques, institutions, autres entreprises). La proximité géographique et relationnelle est essentielle.
Pour cela, il est recommandé d’adopter une approche de « double matérialité », qui est un cadre d’analyse qui examine la matérialité financière – liée aux impacts des enjeux de durabilité sur la performance financière de l’entreprise – et la matérialité d’impact – qui examine les impacts des activités de l’entreprise sur l’environnement, les ressources naturelles, le climat, et la société en général.
L’ancrage territorial des entreprises : quels avantages ?
Renforcer l’ancrage territorial permet d’accroître la reconnaissance de la marque d’une entreprise auprès des clients locaux. En comprenant mieux les besoins locaux, une entreprise peut d’adapter son offre et son organisation interne en conséquence. Enfin, en contribuant au développement économique local, l’entreprise devient un acteur clé de son territoire, pouvant ouvrir de nouvelles opportunités.
Le Pacte mondial des Nations Unies, un allié pour la transition juste
Le Pacte mondial des Nations Unies est la plus grande initiative mondiale en matière de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et de développement durable. Dans le contexte d’une transition juste, il offre un cadre d’action de référence et une légitimité internationale aux entreprises qui souhaitent s’engager au-delà de leurs obligations légales.
L’adhésion au Pacte mondial des Nations Unies est une démarche volontaire, attestant de la bonne volonté des entreprises de se transformer durablement.
Pour une entreprise française axée sur son ancrage territorial et une transition juste, rejoindre le Pacte mondial présente un intérêt stratégique majeur :
– Légitimité internationale à son engagement local : en associant les actions locales aux principes des Nations Unies, les entreprises renforcent leur message et leur impact global ;
– Coopération entre les acteurs : les réseaux du Pacte mondial encouragent la collaboration entre entreprises, collectivités et associations locales grâce à des groupes de travail et des formations.
Pour encourager la collaboration locale, le réseau français du Pacte mondial a mis en place des cercles régionaux et des rendez-vous en région. Ces réunions sur l’ensemble du territoire français permettent aux membres d’échanger sur leurs bonnes pratiques, de créer des synergies et de trouver des solutions communes aux défis de leur territoire.
En avril 2025, le Pacte Mondial de l’ONU – Réseau France et le Comité 21 se sont associés pour accélérer les transitions durables. Ce partenariat mutualise leurs réseaux respectifs afin de renforcer l’accompagnement des acteurs locaux. Les entreprises accèdent ainsi à un écosystème local de parties prenantes, tandis que les collectivités bénéficient d’un dialogue élargi avec des entreprises engagées pour le territoire.
Enfin, le Pacte mondial propose des programmes de sensibilisation et de formation pour aider les entreprises à mieux comprendre et à se préparer aux réglementations européennes actuelles et futures. Des outils sont également mis à disposition en ligne pour mieux saisir les problématiques liées au développement durable et à la RSE.
RSE mode d’emploi
Face à la mondialisation, les consommateurs recherchent davantage d’authenticité et d’engagement de la part des entreprises. Pour répondre à cette demande, les entreprises peuvent mettre en place une stratégie durable d’ancrage territorial en s’impliquant dans le développement économique, social et culturel de leur région d’implantation et d’opération.