2 septembre 2025

Le label, un outil pour structurer sa démarche RSE

Le label, un outil pour structurer sa démarche RSE

En France, aucune définition officielle d’un « label RSE » n’a, pour le moment, été élaborée. Une étude de l’École de droit de Sciences Po réalisée pour la Plateforme RSE propose de définir la notion comme « tout dispositif d’évaluation qui permet la reconnaissance des politiques et pratiques mises en œuvre et/ou des résultats obtenus par l’entreprise au regard d’un référentiel prenant en compte des critères de RSE ». Les labels RSE reposent généralement sur des référentiels privés développés par des organismes de certification, des organisations professionnelles, des administrations publiques, des ONG, etc.

La labellisation ne doit pas être confondue avec la certification, qui est une démarche par laquelle un organisme agréé et indépendant donne l’assurance qu’un produit, service ou système est conforme à certaines exigences. À contrario, les processus de labellisation sont nombreux, de l’auto-évaluation à l’audit sur site. La labellisation est donc une démarche beaucoup plus souple que la certification, ce qui se traduit par une multiplication des initiatives.  

La typologie des labels RSE

La thématique, le secteur d’activité et la zone géographique ciblés sont autant de paramètres qui varient d’un label à l’autre. Il ressort de ces différences, quatre grandes catégories de labels. Malgré leurs différences, les labels s’appuient le plus souvent sur des lignes directrices et référentiels internationalement reconnus tels que la norme ISO 26000 et les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies. 

  • Les labels généralistes s’adressent à tout type d’organisation ou d’entreprises et portent sur l’ensemble des sujets de RSE. Le label Engagé RSE (Afnor Certification), le label Lucie 26000 (Agence Lucie) sont des exemples de labels généralistes qui s’adressent à tous types d’entreprises. 
  • Les labels thématiques sont axés sur des enjeux liés à une thématique spécifique. On y retrouve, par exemple, le label égalité EnVol (CCI France) et Label Relations fournisseurs et achats responsables (Le Médiateur des entreprises). 
  • Les labels sectoriels se destinent aux entreprises d’un même secteur d’activité grâce à un référentiel adapté aux enjeux de la profession. Le label ISR (Investissement Socialement Responsable à l’initiative du ministère de l’Économie et des Finances) et le label Print Ethic (Union Nationale des Industries de l’Impression et de la Communication) sont des labels sectoriels.  
  • Les labels territoriaux sont des initiatives géographiquement limitées portés par les autorités publiques locales. On y retrouve, par exemple, le label Lyon, Ville Équitable et Durable (Ville de Lyon) et le label Bretagne 26000 (Réseau Produit en Bretagne).

La norme ISO 26000, publiée en 2010, fournit des lignes directrices internationales pour aider les organisations de tous types à intégrer la responsabilité sociétale dans leurs pratiques. Il s’agit d’une norme volontaire; qui s’articule autour de 7 questions centrales (gouvernance, droits humains, conditions et relations de travail…).

Les avantages et les limites des labels RSE

La labellisation peut être le point de départ d’une démarche RSE. En effet, ces cadres « prêts à l’emploi » permettent aux entreprises de mieux cibler leurs forces et faiblesses en matière de RSE afin de mettre en place les actions adaptées. Bien que plus confidentiels que les labels-produits, les labels RSE peuvent être utilisés à des fins de communication, notamment B2B (Business to Business). Ils permettent aux entreprises de faire connaître leurs engagements en matière de RSE à travers des logos et grâce à la communication de l’organisme porteur de label. De nombreux labels favorisent également l’action collective à travers des communautés qui offrent aux entreprises labellisées la possibilité d’échanger, de réseauter, voire de participer à des groupes de travail. 

En revanche, les labels RSE présentent certaines limites. Les coûts financiers et en ressources humaines de la labellisation peuvent être considérés comme trop élevés pour les plus petites entreprises. Le temps à dédier pour compléter les grilles d’analyse des labels peut décourager les PME. L’absence de compétences internes en matière de RSE peut également être un frein important, notamment dans les plus petites structures. Enfin, la faible notoriété de certains labels RSE et leur hétérogénéité expliquent en partie le désintérêt des grandes entreprises à leur égard. La majorité des labels RSE français ne dépassent pas les frontières nationales, ce qui présente peu de valeur ajoutée en termes d’harmonisation et de communication aux yeux d’entreprises opérant à l’international. 

Le Pacte mondial des Nations Unies est-il un label RSE ?

Le Pacte mondial des Nations Unies n’est ni une certification, ni un label RSE. C’est un cadre d’engagement volontaire qui invite les entreprises à aligner leurs opérations sur Dix principes universellement reconnus, qui se basent sur les textes fondamentaux des Nations Unies. Le Pacte mondial fédère plus de 17 000 entreprises de toute taille et de tout secteur dans plus de 160 pays. Les équipes du Pacte mondial n’ont pas vocation à contrôler les performances de ces entreprises, mais à les accompagner dans leur démarche de progrès. Les entreprises membres bénéficient de nombreuses possibilités d’apprentissage et d’engagement : groupes de travail thématiques, accélérateurs, académie, etc.

Ainsi, chaque membre peut s’inscrire dans une démarche d’amélioration continue en matière de RSE et communiquer annuellement sur ses progrès grâce à la CoP (Communication on Progress). En plus de leur adhésion au Pacte mondial, les membres peuvent tout à fait décider d’obtenir, en parallèle, des certifications ou des labels RSE s’ils le jugent pertinent dans le cadre de leur stratégie. Si l’initiative du Pacte mondial est bien souvent perçue comme la première démarche en faveur de la RSE, les labels RSE peuvent permettre aux entreprises d’affirmer leur engagement. Ils offrent une certaine reconnaissance et peuvent favorisent l’action collective.  

RSE mode d’emploi

Que couvre exactement la responsabilité sociale des entreprises ? Quelles sont les actions concrètes que peuvent mettre en œuvre ces mêmes entreprises ? À travers cette série d’articles, le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France vise à apporter les clés de compréhension pour permettre aux entreprises de placer la responsabilité sociétale au cœur de leur stratégie.

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