Face à l’intensification des crises climatiques, sociales et géopolitiques, le Pacte mondial des Nations Unies présente une nouvelle stratégie quinquennale ambitieuse. Objectif : accompagner les entreprises, de toutes tailles et partout dans le monde, pour passer des engagements aux résultats mesurables, accélérer l’action collective et renforcer le rôle du leadership responsable dans la création de valeur à long terme.
À l’issue de la réunion du Conseil d’administration du Pacte mondial des Nations Unies qui s’est tenue le samedi 20 septembre à New York, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a approuvé la stratégie 2026-2030 du Pacte mondial des Nations Unies. Celle-ci constitue un plan sur cinq ans destiné à aider les entreprises à traduire leurs ambitions en matière de durabilité en résultats concrets et en transformations systémiques, dans un contexte marqué par des pressions climatiques, sociales et géopolitiques croissantes. Ancrée dans les Dix principes du Pacte mondial de l’ONU et alignée avec l’Agenda 2030 des Nations Unies, cette stratégie répond à un monde profondément bouleversé par le dérèglement climatique, l’aggravation des inégalités, l’instabilité géopolitique et une crise de confiance : des défis qu’aucun acteur ne peut relever seul.
Au cœur de cette stratégie figurent trois axes prioritaires, qui permettent aux entreprises de passer de l’engagement à l’impact :
- Donner aux entreprises les moyens d’agir ;
- Catalyser l’action collective ;
- Renforcer le business case de la durabilité.
Grâce à un accompagnement sur mesure et à des outils numériques renforcés, le Pacte mondial de l’ONU aidera les entreprises, quelle que soit leur taille, à intégrer les Dix principes dans leurs opérations ; à fédérer des coalitions d’entreprises pour lever des obstacles systémiques tels que la fragmentation des politiques publiques ou les lacunes de financement ; et à produire des données probantes reliant le leadership responsable à la création de valeur à long terme.
Une Communication sur le Progrès (CoP) modernisée, désormais proposée sous la forme d’une plateforme numérique simplifiée, constitue un pilier central de cette stratégie. Elle offre des indicateurs comparables, des outils de benchmarking entre pairs et des analyses utiles à la prise de décision. En 2024, près de 15 000 CoP ont été publiées, illustrant la portée de cet outil, qui transforme la transparence en levier d’action et renforce la redevabilité sur les marchés.
Les entreprises participantes pourront accéder à un parcours d’apprentissage personnalisé, à des outils et ressources ciblés, à des communautés de pairs et à des programmes d’accélération, appuyés par les enseignements issus des CoP. Cela leur permettra de définir des objectifs fondés sur la science et assortis d’échéances, d’intégrer le devoir de vigilance en matière de droits humains, de préserver les ressources en eau, de lutter contre la corruption et d’aligner les flux financiers avec les Objectifs de développement durable (ODD). Les coalitions d’entreprises s’attaqueront aux freins que nul acteur ne peut lever seul, tandis que les données issues des CoP et de la recherche aideront les dirigeants à justifier les investissements et à changer d’échelle.
L’action collective se concentrera sur quatre priorités à fort impact, où le leadership du secteur privé est indispensable :
- Climat et nature ;
- Travail décent et salaire vital ;
- Égalité de genre ;
- Finance durable.
Ces coalitions mobiliseront l’engagement des dirigeants au plus haut niveau, harmoniseront les exigences vis-à-vis des chaînes d’approvisionnement, contribueront à l’élaboration de solutions de politiques publiques et attireront des capitaux, démontrant ainsi comment des interventions coordonnées peuvent transformer les incitations et générer des progrès à l’échelle des marchés.
Pour démontrer la valeur de ces démarches et amplifier ce qui fonctionne, le Pacte mondial de l’ONU renforcera le business case de la durabilité à travers des analyses structurées et des données issues de milliers d’entreprises dans le monde, en collaboration notamment avec les Principles for Responsible Management Education (PRME) et des partenaires académiques. Cette base de preuves aidera les conseils d’administration et les investisseurs à relier la performance en matière de durabilité à la résilience, à l’innovation et à la croissance.
Commentant cette nouvelle stratégie, Sanda Ojiambo, Sous-Secrétaire générale et Directrice exécutive du Pacte mondial des Nations Unies, a déclaré :
« Cette stratégie est tournée vers la mise en œuvre et les résultats concrets. Elle vise à donner aux entreprises, des PME aux multinationales, les moyens de transformer des engagements fondés sur des principes en progrès mesurables et en coalitions capables d’influencer les marchés, aux niveaux local, régional et mondial. Dans un contexte de fragmentation géopolitique et d’incertitude économique, notre rôle est de faire le lien entre les mondes de la politique publique et de l’entreprise, grâce à des outils pratiques, une redevabilité crédible et des partenariats capables de changer d’échelle. L’entreprise responsable n’est pas un projet annexe : elle est au cœur de la création de valeur à long terme et d’une économie mondiale plus stable et plus attractive pour l’investissement. »
Cette stratégie s’appuie sur l’empreinte mondiale en constante expansion du Pacte mondial, qui rassemble désormais plus de 23 000 entreprises dans plus de 160 pays, grâce à un réseau renforcé de cinq hubs régionaux et de réseaux locaux actifs, permettant d’adapter les programmes aux contextes nationaux et d’aligner l’action des entreprises sur les priorités locales.