Le nouveau rapport 2026 du SDSN Europe met en garde contre le risque que la stagnation des progrès, le déclin de l’engagement politique et les pressions géopolitiques menacent le leadership mondial de l’Europe en matière d’ODD. 

Les progrès en matière d’ODD ont stagné en Europe, y compris dans les pays très performants, avec des défis environnementaux majeurs et un recul dans la réalisation des principaux objectifs socio-économiques. Le rapport du SDSN Europe 2026 fait état d’une stagnation manifeste des progrès réalisés dans le cadre des ODD dans l’ensemble de l’Union européenne. Malgré une mise en œuvre plutôt avancée dans de nombreux pays européens, les progrès ont marqué le pas en moyenne et le rythme de convergence des résultats des ODD entre les pays européens est lent.  

ODD en Europe : des progrès qui s’essoufflent, même chez les meilleurs élèves 

La Finlande, la Suède et le Danemark sont toujours en tête de l’indice de mise en œuvre des Les progrès en matière d’ODD ont stagné en Europe, y compris dans les pays très performants, avec des défis environnementaux majeurs et un recul dans la réalisation des principaux objectifs socio-économiques. Le rapport du SDSN Europe 2026 fait état d’une stagnation manifeste des progrès réalisés dans le cadre des ODD dans l’ensemble de l’Union européenne. Malgré une mise en œuvre plutôt avancée dans de nombreux pays européens, les progrès ont marqué le pas en moyenne et le rythme de convergence des résultats des ODD entre les pays européens est lent.  

Les pays nordiques continuent de mener la danse en matière de progrès vers la réalisation des ODD en Europe, mais ils restent confrontés à des défis majeurs. La Finlande, la Suède et le Danemark sont toujours en tête de l’indice de mise en œuvre des ODD en Europe en 2026, suivis de l’Islande et de la Finlande. Toutefois, le rapport révèle que l’indice ODD de ces pays stagne, voire régresse. La Finlande passe notamment de 81,1/100 à 80,8 et le Danemark de 79,7 à 78,1. De son côté, la France redescend au 14e rang avec un indice de 72,5, après une progression à la 7e place et un indice de 73,9 en 2025. La moyenne de l’Union Européenne s’élève à 72,4, contre 72,8 en 2025. 

Le rapport montre que tous les pays européens sont confrontés à des difficultés majeures dans au moins deux ODD, en particulier en matière d’action climatique (ODD 13), de biodiversité (ODD 14 et 15), de consommation et de production durables (ODD 12) et d’agriculture durable (ODD 2). L’Europe tend cependant à obtenir de meilleurs résultats en matière d’élimination de la pauvreté (ODD 1), de bonne santé et de bien-être (ODD 3) et d’eau propre et d’assainissement (ODD 6). 

Engagement politique en recul : un signal inquiétant pour l’Agenda 2030  

Certains grands pays européens sont confrontés à une baisse de la confiance du public dans les gouvernements, et l’importance politique accordée aux ODD s’est affaiblie, notamment au sein de la Commission européenne. Le rapport montre également que la confiance du public dans de nombreux gouvernements nationaux est en baisse. En 2025, moins de 40 % des citoyens de pays tels que la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont exprimé leur confiance dans leur gouvernement, ce qui complique les efforts de réforme et de mise en œuvre du développement durable. En outre, l’aide publique au développement (APD) a diminué dans la plupart des pays européens en 2025, seuls la Norvège, le Luxembourg, la Suède et le Danemark atteignant l’objectif de 0,7 % du revenu national brut. 

Depuis 2025, les références aux ODD et à l’Agenda 2030 ont largement disparu des programmes de travail de la Commission européenne, et les orientations politiques de la deuxième Commission von der Leyen (2024-2029) n’y font pas référence. Ce changement coïncide probablement avec la redéfinition des priorités de l’UE en matière de dépenses publiques, la dilution progressive des éléments du Pacte vert européen, notamment les cadres relatifs à la durabilité des entreprises et à l’agroalimentaire, et les pressions géopolitiques croissantes, notamment la guerre en Ukraine et l’opposition explicite des États-Unis aux ODD et au multilatéralisme fondé sur les Nations unies. 

France : des progrès domestiques fragilisés par les émissions importées 

La France régresse en matière d’émissions de CO2 et de pollution importées, et se classe 16e sur les externalités négatives. Si la France a pu progresser ces dernières années dans la réduction de ses émissions de CO2 domestiques, et se place plutôt en bonne élève, les émissions liées aux importations sont désormais revenues à des niveaux légèrement plus élevés que durant les années pré-pandémie de Covid-19, avec 5,16 tonnes de CO2 par habitants. Le constat est identique sur l’importation de la pollution atmosphérique avec des valeurs en légère hausse depuis 2015.  

La France obtient ainsi un score de 63,66/100 en matière d’externalités négatives, soit inférieur à la moyenne de l’UE (65,4). Plus l’indice est élevé, plus les externalités négatives sont faibles. 

Ce que ce rapport nous dit sur le rôle des entreprises 

Dans un contexte où l’engagement politique des États s’érode, la responsabilité des acteurs économiques devient d’autant plus déterminante. Les entreprises membres du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France sont précisément en première ligne sur les ODD où l’Europe accuse les plus grands retards : action climatique, biodiversité, consommation responsable. Les initiatives Forward Faster, les engagements Science Based Targets ou encore le devoir de vigilance ne sont pas des réponses périphériques à ces enjeux, ils en sont le cœur. Ce rapport rappelle, s’il en était besoin, que l’ambition de l’Agenda 2030 ne sera pas tenue sans une mobilisation accrue du secteur privé. 

A noter que la méthodologie du rapport Europe du SDSN est différente de celle du rapport mondial sur l’avancement des ODD, dont la prochaine édition devrait être publiée courant juin 2026.