Le Pacte mondial de l’ONU agit, auprès des entreprises, en faveur d’un salaire décent pour tous les travailleurs. La notion de salaire décent (ou « Living Wage » en anglais) s’est imposée à la suite des conséquences de la vulnérabilité économique de ces « travailleurs pauvres » sur le développement du capital humain.  

Eléments de définition 

La pandémie de COVID-19 a mis en évidence la pauvreté persistante des travailleurs faiblement rémunérés et de leur famille. Le salaire décent (ou living wage / salaire vital) est reconnu par l’Organisation Internationale du Travail (OIT) comme étant la rémunération perçue par un travailleur pour une semaine de travail normale, qui lui permet de subvenir à ses besoins essentiels (nourriture, eau, logement, éducation, santé, le transport et prévoyance en cas d’événements imprévus), ainsi que ceux de sa famille. S’il est reconnu dans le monde qu’un salaire minimum vital est une condition nécessaire à un « travail décent », aucune définition universelle ne fait, à ce jour, consensus. De plus, aucun montant monétaire, proportionnel au coût de la vie du pays, n’est unilatéralement accepté pour définir une telle rémunération. De plus, le salaire vitale (ou salaire décent) se différencie du « salaire minimum légal » dans la mesure où celui-ci est propre à chaque Etat et peut ne pas être suffisant pour que le travailleur subvienne à ses besoins et ceux de sa famille. 

Le rôle des gouvernements et de la réglementation  

Les gouvernements ont un rôle important à jouer en soutenant les mécanismes de fixation des salaires au niveau sectoriel, dans leur pays. Plus de 170 pays ont un ou plusieurs salaires minimums fixés par voie législative ou par des conventions collectives contraignantes.   

En 2020, la Commission européenne a lancé une nouvelle Directive sur des salaires minimaux adéquats. De plus, la directive de 2022 sur le devoir de diligence des entreprises en matière de durabilité (CSDDD), cite le “living wage” à plusieurs reprises, avec notamment le paragraphe suivant (traduit de l’anglais) : “les entreprises devraient également être responsables de l’utilisation de leur influence pour contribuer à un niveau de vie adéquat dans les chaînes d’activités. Il s’agit d’un salaire décent pour les employés et d’un revenu décent pour les travailleurs indépendants et les petits exploitants, qu’ils gagnent en retour de leur travail et de leur production” (alinéa 25b).  

De son côté, lors de la Conférence internationale du travail en juin 2022, l’Organisation internationale du Travail (OIT) a adopté une résolution reconnaissant le concept de salaire vital. Plus récemment, le 15 mars 2024, l’OIT a approuvé un accord qui permettra de mieux estimer et d’opérationnaliser le concept.  

Le rôle fondamental des entreprises 

En allant au-delà de la conformité légale, les entreprises peuvent s’assurer que tous leurs employés disposent des revenus nécessaires pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles, contribuant ainsi à la réduction des inégalités et à la promotion d’une vie saine, notamment sur les enjeux liés à la santé et au bien-être. En ce sens, un nombre croissant d’entreprises s’engagent à verser un salaire décent à leurs employés, et certaines s’engagent à travailler avec leurs fournisseurs pour obtenir des salaires décents dans leurs chaînes d’approvisionnement.  

C’est en ce sens que Florent Menegaux, Président du Groupe Michelin, a annoncé mercredi 17 avril dernier la mise en place d’un « salaire décent » et d’un « socle de protection sociale universel » pour tous les salariés de Michelin, dans le monde entier. D’autres entreprises membres du Réseau France, telles que L’Oréal et Schneider, intègrent le principe de salaire décent dans leur politique salariale, en ayant notamment participé au Think Lab du Pacte mondial de l’ONU. 

L’apport du Pacte mondial de l’ONU dans cette démarche pour les entreprises 

Le Pacte mondial des Nations Unies a pour ambition de développer l’impact mondial des entreprises, en respectant Dix principes universels et en atteignant les 17 Objectifs de développement durable (ODD), par le biais d’entreprises plus responsables, qui favorisent le changement. Un salaire décent est un enjeu central pour le Pacte mondial de l’ONU car il fait directement progresser plusieurs des ODD, en particulier l’ODD 1 « Pas de pauvreté », l’ODD 5 « Egalité des sexes », l’ODD 6 « Développement durable » et l’ODD 8 « Travail décent et croissance économique ».  

Parmi les initiatives mises en œuvre en ce sens, le Pacte mondial des Nations Unies a lancé le guide « Achieving the Living Wage Ambition: Reference Sheet and Implementation Guidance », le « Living wage analysis tool » et le micro site interactif “Improving Wages to Advance Decent Work in Supply Chains”. Plus récemment, en 2023, l’initiative Forward Faster vise à prendre des mesures en faveur du salaire vital et à accélérer les progrès dans la réalisation des 17 objectifs de développement durable. Enfin, au-delà du contenu mis à disposition, le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France proposera à ses membres une série de webinaires sur le sujet, avec les autres réseaux européens, à partir d’octobre 2024.