Comme chaque année, le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (UNDESA) présente son bilan de la situation économique mondiale en 2025, ainsi que ses prévisions pour 2026. Si 2025 a été marquée par une résilience inattendue face aux fortes hausses des droits de douane américains, notamment grâce à une consommation robuste et un ralentissement de l’inflation qui ont contribué à maintenir la croissance, des faiblesses structurelles persistent.
Une croissance mondiale stable mais durablement modérée dans un contexte d’incertitude politique accrue
Les perspectives économiques mondiales demeurent assombries par un niveau élevé d’incertitude macroéconomique, des politiques commerciales instables et des contraintes budgétaires persistantes. À cela s’ajoutent des tensions géopolitiques et des risques financiers qui renforcent ces pressions et fragilisent l’économie mondiale.
En 2025, la forte hausse des droits de douane aux États-Unis a engendré de nouvelles tensions commerciales. Toutefois, l’absence d’une escalade plus généralisée a permis de contenir les perturbations à court terme du commerce international. Malgré ce choc tarifaire, l’économie mondiale a fait preuve de résilience, portée par des exportations anticipées avant l’entrée en vigueur des droits de douane, la reconstitution des stocks et une consommation dynamique, soutenue par l’assouplissement des politiques monétaires et des marchés du travail globalement stables.
À court terme, le maintien de politiques macroéconomiques accommodantes devrait atténuer l’impact de la hausse des droits de douane. Néanmoins, la croissance du commerce mondial et de l’activité économique devrait ralentir. La croissance mondiale, estimée à 2,8 % en 2025, reculerait légèrement à 2,7 % en 2026 avant de se redresser à 2,9 % en 2027, demeurant ainsi nettement inférieure à la moyenne pré-pandémique de 3,2 % observée sur la période 2010-2019.
L’Union européenne toujours au ralenti
La croissance dans l’Union européenne est projetée à 1,3 % en 2026 et à 1,6 % en 2027, contre une croissance estimée à 1,5 % en 2025. La résilience des dépenses de consommation, soutenue par la stabilité du marché du travail et la hausse des salaires réels, demeure le principal moteur de la croissance européenne, tandis que la hausse des droits de douane américains et l’incertitude géopolitique devraient peser sur les exportations.
Une croissance inférieure à celle prévue aux États-Unis pour 2026 (2,0 %), en Chine (4,6 %) ou en Asie de l’Est (4,4 %).
Si l’inflation est plutôt maîtrisée, des contraintes structurelles persistent, telles que les pressions sur la compétitivité, le coût élevé de l’énergie, le vieillissement de la population et la lenteur de la diffusion technologique, continuent de limiter la croissance de la productivité et la production potentielle.

Une bonne croissance du commerce mondial en 2025, moins d’optimisme pour 2026
Le commerce mondial est resté solide en 2025, progressant d’environ 3,8 % malgré l’incertitude liée aux droits de douane. Cette croissance a notamment été soutenue par un commerce de marchandises robuste, et une forte expansion du commerce des services, notamment dans les secteurs du voyage, du numérique et des services professionnels.
Toutefois, cette dynamique devrait s’atténuer en 2026, avec une croissance estimée à 2,2 %, à mesure que les effets d’anticipation s’estompent et que les droits de douane s’installent durablement.
Œuvrer pour un système financier mondial plus inclusif
Le Compromis de Séville, adopté comme document final de la Quatrième Conférence internationale
sur le financement du développement en juillet 2025, souligne l’urgence de s’attaquer aux défis systémiques qui ont entravé les progrès vers les Objectifs de développement durable.
Les dispositions comprennent notamment des engagements en faveur de davantage de coordination macroéconomique mondiale et d’un filet de sécurité financière mondial renforcé, des mesures visant à améliorer la prévention des crises de la dette et des initiatives visant à renforcer la voix des pays emprunteurs. ngager dans la voie du protectionnisme.