Le 18 avril 2024, le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France s’est rendu au Parlement européen avec le siège et d’autres réseaux locaux européens, afin d’échanger autour du thème « Pacte mondial de l’ONU – un catalyseur pour les entreprises européennes et la compétitivité du secteur privé ». 

De nouvelles réglementations européennes pour la transparence des entreprises 

Le début d’année 2024 a été marqué par de nouvelles directives européennes telles que celle sur le devoir de diligence en matière de développement durable (CSDDD) et la directive sur les rapports de développement durable des entreprises (CSRD). Ces initiatives réglementaires visent à favoriser le comportement durable et responsable des entreprises tout au long des chaînes de valeur mondiales. De façon complémentaire, le Pacte mondial des Nations Unies cherche à guider les entreprises vers le respect des normes de conformité, mais également vers l’adoption d’ambitions à long terme pour l’amélioration de leur impact sur la société et la planète. 

Coopérer avec les institutions européennes pour la durabilité en Europe 

Le contexte réglementaire européen a conduit à discuter de la manière dont le Pacte mondial des Nations Unies et ses réseaux locaux peuvent travailler avec les institutions européennes et les États membres afin de soutenir les entreprises dans leurs efforts vers de nouvelles réglementations. «Nous pensons que le Pacte mondial des Nations Unies, avec son portefeuille de programmes et sa forte empreinte dans toute l’UE, peut jouer un rôle important dans la promotion du programme de développement durable des entreprises de l’UE. Pour les entreprises, il est important d’aller au-delà de la conformité pour générer un impact réel et ainsi renforcer également la résilience et la compétitivité », soulignait Ole Lund Hansen, chef des opérations mondiales au Pacte mondial des Nations Unies. 

Une table ronde animée par la Pacte mondial de l’ONU – Réseau France 

À l’occasion de cette journée, Nils Pedersen, Délégué général du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France, a animé une table-ronde sur l’articulation entre la CSRD et la Communication sur le Progrès (CoP). En effet, le Délégué général a précisé, en ouverture du débat, que « les questions de reporting et de transparence sont plus en plus importantes pour les entreprises ». 

Pour l’occasion, Susan Stawicki (Responsable du reporting au Pacte mondial des Nations Unies), Pascal Durand (Député européen), Alexandra Jour-Schroeder (Directrice générale adjointe pour le département financier de la Commission européenne) et Emmanuel Bloch (Directeur RSE chez Thalès) étaient invités à participer à cette discussion, ayant permis de mettre en avant le changement de paradigme qui s’est opéré au cours des dernières décennies, avec un rôle nouveau joué par l’entreprise dans la société. La CoP : un atout pour la CSRD car elle permet aux entreprises de se mettre dans une démarche de reporting au niveau mondial, et les encourage chaque année à progresser et aller plus loin dans leur démarche. 

La CoP : un atout pour la CSRD 

Le succès de la CSRD tiendra au fait qu’elle ne soit pas seulement appréhendée comme une démarche de compliance, et que l’on arrive à instaurer une collaboration des parties prenantes autour d’un dialogue constructif. “Si l’ensemble des acteurs et des actrices ne s’approprient pas ce texte, cela ne fonctionnera pas. Il ne suffit pas de poser une loi sur la table pour qu’elle devienne une réalité. Il est très important de travailler en harmonisation”, a souligné Pascal Durand. 

Complémentarité entre réglementation et initiative volontaire 

Emmanuel Bloch a rappelé la nécessité d’articuler les démarches volontaires et les cadres réglementaires et de ne pas les opposer : « la CSRD permet d’avoir une réponse commune sur les enjeux de la RSE. La CoP et la CSRD ne sont pas des démarches opposées mais plutôt complémentaires et utiles l’une à l’autre ». Le Pacte mondial accompagne les entreprises à se préparer aux exigences de reporting. Grâce aux outils tels que la CoP et aux échanges d’expérience entre les membres, les entreprises peuvent adopter un standard mondial et s’inscrire dans une démarche vertueuse. « Ce qu’il faut, c’est que nous donnions des orientations et que nous maintenions un dialogue constant. Le Pacte mondial des Nations unies peut jouer un rôle important et servir de catalyseur », a partagé Alexandra Jour-Schröder.