Le 9 avril 2024, les Nations Unies ont fait paraître un nouveau rapport sur le financement du développement durable, indiquant que cet enjeu est au cœur de la crise actuelle est met sérieusement en péril les ODD et l’action climatique. 

Un besoin urgent de financements 

Comme cela avait pu être évoqué ces derniers mois dans différents rapports onusiens, le Rapport 2024 des Nations Unies sur le développement durable souligne encore une fois l’urgence de mobiliser des financements massifs, afin combler le déficit de financement estimé à 4 000 milliards de dollars par an. Si celui-ci était déjà particulièrement élevé avant la pandémie de COVID-19, le rapport met en avant que celle-ci a contribué à le creuser d’environ 56% par rapport à 2020. 

Crise du coût de la vie et disparités entre les pays 

Le rapport fait état des lieux d’une crise globale du coût de la vie pour des milliards de personnes, en raison des tensions géopolitiques et des catastrophes naturelles liées au changement climatique. Les progrès directement liés au niveau de vie, tels que l’éducation, l’emploi et la santé, sont mis à mal et rendent la réalisation de Objectifs de développement durable (ODD) encore plus ardue. Selon les estimations, à ce rythme, 600 millions de personnes continueront de vivre en extrême pauvreté en 2030. 

Ce contexte est accompagné d’un endettement massif des Etats, d’un manque de crédibilité auprès institutions financières et d’une augmentation des coûts, contribuant largement à la crise du développement durable et aux disparités qui se creusent entre les Etats. De plus, « les catastrophes climatiques plus fortes et plus fréquentes sont responsables de plus de la moitié de la recrudescence de la dette dans les pays vulnérables ». 

Un système financier insuffisant pour le développement durable 

La Vice-secrétaire générale des Nations Unies, Amina J. Mohammed, a déclaré qu’environ « 40 % de la population mondiale, soit quelque 3,3 milliards de personnes, vivent dans des pays où les gouvernements dépensent désormais plus pour le paiement des intérêts que pour l’éducation ou la santé ». En parallèle de ce constat, le système financier actuel ne permet pas de diriger les investissements vers le développement à hauteur qu’il le faudrait. Ainsi, en 25 ans, la croissance les « taux de croissance moyens n’ont cessé de diminuer », passant de 6% avant la crise financière de 2008 à 4% aujourd’hui. 

Réformer un système obsolète 

Le rapport appelle donc à réformer ce système et à « intensifier les investissements publics et privés dans les ODD, soulignant l’importance de réformer le système des banques de développement ». « À cet égard, les donateurs doivent également respecter leurs engagements en matière d’aide publique au développement (APD) et de financement de la lutte contre le changement climatique ». Enfin, il est indiqué que les pays en développement devraient avoir une plus grande voix dans la gouvernance économique mondiale.