La COP27 a souligné la nécessité d’une action collective du secteur privé pour prévenir les impacts de la crise climatique et atteindre les Objectifs de développement durable. La Conférence a notamment débouché sur une avancée majeure pour répondre à une question centrale : qui doit financer les conséquences du réchauffement climatique ?

Du 6 au 18 novembre dernier, chefs d’État, ministres et négociateurs, mais aussi militants pour le climat, maires, représentants de la société civile et chefs d’entreprise se sont réunis dans la ville côtière égyptienne de Charm el-Cheikh pour le plus grand rassemblement annuel sur l’action climatique. Un des sujets centraux qui y a été discuté était celui du financement des pertes et préjudices provoqués par les catastrophes naturelles liées au réchauffement climatique, qui frappent plus durement les pays du Sud.

Sur ce sujet en particulier, une avancée notable a été entérinée par l’ensemble des 196 pays présents : un fonds de réponse aux pertes et dommages sera créé, à destination exclusive des pays les plus vulnérables et financé par les pays les plus développés. Inchangées depuis la signature de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques de 1992 (CCNUCC), les listes des pays industrialisés et des pays vulnérables seront réétudiées. Ce fond constitue une évolution majeure des systèmes de financement autour du climat, qui concernaient – avant cette COP27 – seulement la réduction des émissions de GES (gaz à effet de serre) et l’adaptation aux conséquences du réchauffement climatique.

Simon Stiell, Secrétaire exécutif du Secrétariat des Nations unies sur les changements climatiques, a rappelé que le monde entrait dans une décennie critique pour l’action climatique. Comme signalé par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), l’Organisation météorologique mondiale (OMM) ou encore ONU Climat dans leurs rapports en amont de l’ouverture de cette COP, la mise en œuvre des engagements actuels des gouvernements nationaux nous dirigerait vers un réchauffement des températures de +2.4°C à +2.6°C en 2100.

Malgré ce retard au niveau mondial, le cap de maintenir le réchauffement climatique à +1.5°C d’ici 2100, tel que défini par l’Accord de Paris, a été réentériné lors des négociations. Pour respecter cette trajectoire, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations unies préconise de diminuer les émissions mondiales de GES de 45% d’ici à 2030. Ce rythme n’est actuellement pas respecté sous les engagements actuels, et peu de participants ont profité de la conférence pour rehausser leurs objectifs propres.

« Nous avons une série d’étapes à franchir. Nous devons nous serrer les coudes, avec détermination, à travers tous les processus, qu’ils soient nationaux, régionaux ou autres. Chaque étape est importante et crée un élan » a précisé Simon Stiell.

Le Pacte mondial des Nations unies pour mobiliser le secteur privé face à l’urgence climatique

Cette 27e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques a souligné la nécessité d’une action du secteur privé pour prévenir les impacts de la crise climatique. Ce n’est que par des efforts collectifs que nous pourrons favoriser un changement positif et atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) définis par les Nations Unies. Le Pacte mondial était présent avec l’appui de son réseau local égyptien. Il a réuni des représentants onusiens, des États et du secteur privé pour impulser encore plus l’action des entreprises en termes de lutte contre le réchauffement climatique.

Trois événements phares ont été organisés :

Selon Sanda Ojiambo, Sous-Secrétaire générale et Directrice générale du Pacte mondial des Nations Unies, « il nous reste moins de 10 ans pour emmener le monde sur une trajectoire 1.5°C, réduire les inégalités et réaliser l’Agenda 2030. Les évolutions du climat montrent plus que jamais que le temps nous est compté. C’est le moment ou jamais pour le secteur privé de transformer engagements audacieux en solutions tangibles pour protéger notre planète et notre futur. Le Pacte mondial des Nations unies est impatient de poursuivre son travail avec les entreprises du monde entier afin d’accélérer notre transition vers la neutralité carbone. »

Pour aider le secteur privé à combler l’écart entre l’ambition et l’action, le Pacte mondial a porté trois axes phares que les entreprises sont invitées à intégrer dans leurs actions :

Le Pacte mondial de l’ONU a aussi mis à disposition une série de ressources lors de la COP27:

– Just Transition for Climate Adaptation: A Business Brief
– African Business Leaders’ Climate Statement
– Water Resilience Assessment Framework: Corporate Guidance
– Mapping a Maritime Just Transition for Seafarers

Événement à venir: “COP27 Debrief: What’s next for the private sector “

Pour en savoir plus sur l’après-COP27, rejoignez-nous le 6 décembre pour une session interactive en direct organisée par l’Académie du Pacte mondial des Nations Unies avec des experts sur l’action climatique et des conseillers principaux de l’Action Climat du Secrétaire général des Nations Unies.