À ses prémices en juin 2022, le texte de loi sur la restauration de la nature était considéré comme le plus ambitieux depuis 30 ans. Cette loi, clé du Green Deal européen, a gagné en importance après l’accord sur la biodiversité de la COP15 et une version consensuelle a pu être adoptée à la suite de plus d’un an de négociations. 

La loi sur la restauration de la nature vise à réhabiliter au moins 20 % des zones terrestres et maritimes de l’Union européenne d’ici à 2030, ainsi que les écosystèmes dégradés d’ici à 2050. Pour cela, elle établit des obligations et des objectifs dans différents domaines d’action : terres agricoles, pollinisateurs, rivières, forêts et zones urbaines, afin de compenser progressivement dommages environnementaux causés par le changement climatique et l’activité humaine. 

En 2023, la loi a fait l’objet de dissensus en raison d’inquiétude de la part de certaines parties quant à la possibilité de maintenir la pérennité des activités agricoles et production alimentaire européennes. Pour ses partisans, la loi assure une restauration de la nature compatible avec la viabilité à long terme des sols européens et une activité économique raisonnée. 

Après un premier vote en faveur du projet de loi en juillet 2023, une version allégée a été adoptée en accord provisoire en novembre. En janvier 2024, à la suite des manifestations d’agriculteurs européens qui ravivaient les débats envers le Green Deal, le texte se voyait remis sur le devant de la scène politique. Il est finalement adopté le 27 février 2024.  

L’adoption de la loi représente une avancée pour le Green Deal qui subit une pression croissante dans son application, à quelques mois des élections européennes.