24 septembre 2026
81e Assemblée générale de l’ONU : que retenir pour le secteur privé ?
Chaque année, en septembre, chefs d’Etats et de gouvernements, ministres et diplomates du monde entier se rassemblent à New York pour participer à l’Assemblée générale des Nations unies, un moment clé où chaque Etat membre contribue à faire évoluer l’Organisation des Nations Unies. A l’occasion de cette semaine de haut-niveau, nombre de représentants de la société civile et du secteur privé se rendent également à New York. C’est dans ce contexte que le Pacte mondial des Nations unies organise chaque année une série de grandes rencontres visant à rassembler les entreprises autour de l’Agenda 2030 et à poursuivre la discussion sur la manière dont elles peuvent transformer leurs modèles d’affaires. Retour sur les événements clés du Pacte mondial des Nations unies.
Private Sector Forum : passer à l’échelle pour accélérer la transition énergétique
Au siège de l’ONU à New York, le dimanche 20 septembre, Guillaume Texier, CEO de Rexel et Président du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France, et Nils Pedersen, Directeur général du Réseau France, ont participé à l’édition 2026 du Private Sector Forum (PSF), une rencontre annuelle organisée à l’invitation du Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres. Plus d’une cinquantaine de dirigeants d’entreprises du monde entier étaient réunis pour échanger sur les conditions nécessaires à une accélération de la transition énergétique, la thématique centrale de cette année.
Lors du PSF, António Guterres a rappelé l’urgence d’agir face au changement climatique, tout en soulignant que les entreprises disposent aujourd’hui de leviers sans précédent pour accélérer la transition. Le solaire, l’éolien et le stockage offrent notamment des solutions de plus en plus compétitives et rapides à déployer. Dans un contexte de tensions géopolitiques, produire davantage d’énergie propre localement constitue également un enjeu de souveraineté et de sécurité énergétique.
Ces enjeux doivent désormais être traduits en actions concrètes pour les entreprises. La transition énergétique ouvre d’importantes perspectives d’investissement, notamment dans les économies en développement, mais son accélération suppose de lever plusieurs obstacles : développer les réseaux et les capacités de stockage, faciliter les raccordements, sécuriser les cadres réglementaires et mobiliser davantage de financements privés et publics.

L’électrification constitue par ailleurs un levier de compétitivité, à condition d’être accompagnée d’une maîtrise de la demande énergétique et d’une électricité réellement décarbonée. La transition ne repose donc pas uniquement sur le déploiement de nouvelles capacités de production : elle implique aussi de repenser les usages et d’investir dans les infrastructures nécessaires à leur transformation.
Comme l’a rappelé Sanda Ojiambo, Sous-Secrétaire générale des Nations Unies et Directrice générale du Pacte mondial, « l’ambition et les capitaux ne suffisent pas à eux seuls ». Pour les entreprises françaises, l’enjeu est désormais de transformer cette dynamique en investissements, en innovation et en nouveaux modèles de coopération avec les pouvoirs publics. La transition énergétique s’impose ainsi de plus en plus comme un enjeu à la fois climatique, économique et stratégique.

Les achats durables au service de la résilience des chaînes d’approvisionnement
Ce lundi 21 septembre, toujours au siège des Nations Unies, s’est tenu le 2ᵉ Forum de haut niveau sur les achats responsables, à l’occasion du lancement du Cadre de mise en œuvre des achats durables (Sustainable Procurement Implementation Framework). Ce Cadre répond à un enjeu majeur de mise en œuvre pour les entreprises évoluant au sein de chaînes de valeurs mondiales de plus en plus complexes. Alors que les gouvernements du monde entier font progresser les réglementations et les politiques visant à promouvoir des chaînes d’approvisionnement plus responsables et durables, les entreprises ont également besoin d’orientations pratiques pour traduire ces attentes dans les décisions, les processus et les relations avec les fournisseurs que les fonctions achats gèrent au quotidien.

Le Cadre est conçu pour compléter, et non remplacer, les réglementations, les normes et les référentiels de durabilité existants. Si les réglementations et les normes peuvent définir les objectifs que les entreprises sont censées atteindre, le Cadre de mise en œuvre des achats durables se concentre sur la manière d’y parvenir : il propose aux entreprises une démarche concrète pour intégrer la durabilité dans l’ensemble du cycle des achats.
Le dispositif propose trois niveaux de progression, de la première initiative à la pratique avancée, afin de permettre aux organisations de structurer progressivement leur démarche. Il se veut avant tout un guide opérationnel, et non un outil de notation ou de reporting, avec l’objectif de donner aux professionnels des achats des repères directement mobilisables dans leurs pratiques.
Sa conception s’est appuyée sur deux années de travail menées par des Directeurs achats du monde entier, engagés au sein du Pacte mondial, afin de construire un outil au plus près des réalités opérationnelles du métier. Christophe Quiquempoix, VP Sustainable Procurement de Schneider Electric, a notamment contribué à cette démarche.
Le Forum a réuni ministres, responsables des Nations Unies, dirigeants et responsables achats autour d’un constat commun : les achats durables ne se limitent plus à un enjeu de conformité. Ils peuvent également contribuer à renforcer la compétitivité, stimuler l’innovation et consolider la résilience des chaînes d’approvisionnement. En plaçant les professionnels des achats au cœur de cette transformation, le Pacte mondial entend ainsi accélérer l’intégration du développement durable dans les décisions économiques et contribuer, à leur échelle, à la mise en œuvre de l’Agenda 2030.

5e édition de Unstoppable Africa : le continent africain au cœur de l’économie d’aujourd’hui et de demain
Organisée en marge de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations Unies, la cinquième édition d’Unstoppable Africa, événement phare de la Global Africa Business Initiative (GABI), a réuni à New York dirigeants économiques, chefs d’État, investisseurs et représentants d’institutions internationales. Les échanges ont porté sur la volonté du continent de mieux valoriser ses ressources, notamment ses minerais critiques, en développant localement la transformation, l’industrie et les chaînes de valeur, tout en renforçant son influence dans le commerce et la gouvernance mondiale. Parmi les priorités identifiées figurent l’accès à une énergie abordable, le développement des infrastructures, le financement, les compétences et la levée des barrières commerciales. L’événement a également été marqué par l’annonce de la première clôture d’un fonds nigérian de 300 millions de dollars consacré aux énergies renouvelables décentralisées, ainsi que par des engagements en faveur de l’accès à l’électricité et de l’amélioration de la prise en charge du cancer du sein en Afrique.

Leaders Summit : les entreprises françaises prennent la parole
En marge de l’Assemblée générale des Nations unies, les 22 et 23 septembre, le Pacte mondial des Nations unies a organisé, comme chaque année, deux jours de rencontres et d’ateliers autour de la contribution du secteur privé à l’Agenda 2030. Cette année, le Leaders Summit était articulé autour de six grandes thématiques :
- Leadership et intégrité ;
- Climat et nature ;
- Droits humains et travail décent ;
- Finance durable et capital ;
- Action collective et changement systémique.
- Politiques et chaînes d’approvisionnement
Plus de 800 entreprises du monde entier étaient présentes pour ces deux jours de discussions dont une vingtaine d’entreprises françaises. Parmi les entreprises françaises présentes, plusieurs ont pu partager leur expertise lors d’ateliers :
- Sarika Naik, Group Chief Corporate Responsibility Officer chez Capgemini, sur une session dédiée à la lutte contre les discriminations dans le monde du travail de demain ;
- Aleksej Heinze, chercheur et enseignant chez KEDGE Business School, sur une session dédiée à l’action collective pour atteindre des marchés durables ;
- Christophe Quiquempoix, VP Sustainable Procurement chez Schneider Electric, sur une session dédiée au programme SPARK et à la transformation de la pression de la chaîne de valeur en opportunité.
Le Délégué général du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France était présent tout au long de la semaine pour assister aux rencontres et discussions et échanger avec les entreprises françaises présentes.



